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Travailler et voyager : les difficultés et les solutions

On a tous l’image des nomades digitaux qui bossent dans un hamac face à une piscine ou à la plage, un cocktail dans une main et le smartphone dans l’autre pour prendre la photo instagrammable. En tout cas quand j’ai commencé à voyager à temps plein il y a 3 ans c’était le truc super en vogue, je ne sais pas trop si ça l’est toujours.

Scoop, au cas où certains y croiraient encore : la vie nomade, ce n’est pas ça. Pas que. Perso je n’ai jamais amené mon ordi à la piscine ou à la plage (les reflets du soleil, le sable qui peut abîmer mon outil de travail, pas de prise, pas de wifi sur une plage déserte des Caraïbes … c’est chiant en fait).

Travailler et voyager : les difficultés et les solutions ** #freelance #digitalnomade

Le truc c’est qu’il y a eu il y a quelques années (et peut être encore maintenant) une grande vague de gens qui ont tout quitté pour parcourir la planète et devenir nomade digital. C’est cool, j’encourage, le voyage, c’est chouette. C’est juste que ceux qui vendent du rêve sur instagram ne montrent pas toujours l’envers du décor. Je ne crois pas tout savoir sur tout (je me ferais chier sinon) mais je sais une chose : être nomade, digital ou pas, ça peut être vachement galère à certains égards.

Est-ce que je voyage vraiment à temps plein ?

Ca c’est la première question que je me pose moi-même. Je ne crois pas faire partie de ces nomades digitaux qui voyagent à temps plein, car je suis une voyage hyper lente. Je reste longtemps à certains endroits. Je sais que d’autres le font aussi, mais certains, j’ai l’impression, changent d’endroit toutes les semaines. Franchement je ne sais pas comment ils font.

D’ailleurs, j’en profite pour préciser que je suis une nomade digitale à moitié. Je ne gagne pas un salaire complet qui me permette de vivre « bien » dans les pays au niveau de vie égal à la France. Donc oui, je gagne un peu de sous en freelance, mais je travaille aussi dans certains pays où je m’arrête : San Francisco, Liverpool … et, ça remonte un peu, la Nouvelle Zélande.

Est-ce que ça m’ennuie ? Oui et non. A la base je voulais être 100% freelance, je l’ai été dans des pays « abordables » et je me suis fait une raison pour les autres. Peut être que je vais rejoindre la vague de ceux qui partent en Asie du Sud-Est ! Mais comme pour l’instant je suis en Europe, je travaille aussi à coté de mon freelance. Ca me permet d’économiser plus de sous plus rapidement pour repartir. Je t’avoue qu’au début ça m’a fait c%^$ de redevenir salariée. Mais en fait, c’est une bonne expérience. J’aime bien pouvoir dire « je travaille à Liverpool ». Toutes les expériences sont bonnes à prendre !

Bon, ceci étant dit : c’est quoi, les inconvénients du nomadisme ?

Les proches qui ne sont pas proches

La plupart des êtres humains aiment construire leur petite communauté, leur entourage d’amis, de proches … et on on ne va pas se mentir, c’est plus facile quand on habite quelque part plutôt que quand on change tous les 6 mois. Certes on peut garder contact avec certains, mais soyons honnête : au début on s’écrit beaucoup et après, les messages s’espacent. On like de temps en temps un post sur Facebook, mais de là à dire qu’on reste meilleurs ami.e.s pour la vie, bon. Ca peut arriver mais c’est rare.

Quant à garder contact avec nos amis « d’avant » c’est possible mais ça ne remplace pas le vrai contact en face à face. Et parfois les décalages horaires empêchent de Skyper autant qu’on voudrait.

Bref, on peut vite se sentir seul.

Ma solution

Essaye d’avoir du temps pour toi. L’avantage du freelance, c’est de ne pas avoir de patron. Le piège, c’est de TROP travailler, de ne jamais décrocher, ni les soirs, ni les weekend. Cela a deux dangers : 1) tu risques d’exploser en plein vol et 2) bah tu ne vois personne.

Les groupes Facebook de nomades digitaux ou de « français à …. » (ajoutez une ville) permettent de « socialiser » un peu et de sortir de chez soi, parler à des gens, faire de belles rencontre. Profites-en. Il y a parfois des événements, pas forcément entre expats d’ailleurs, qui permettent de rencontrer des gens du coin. Bref, sors de chez toi, renseigne-toi.

Quant à la famille et les proches, ne remet pas à demain un texto que tu peux envoyer aujourd’hui. C’est un coup à passer des jours / semaines sans s’écrire.

Freelance : les difficultés et les solutions ** #freelance

Et puis eh, être nomade, ça permet aussi d’aller voir de temps en temps les copines pour une petite semaine de vacances !

Vouloir sortir plutôt que travailler

Ah le piège classique dans lequel je tombe souvent : on arrive dans un nouvel endroit, et on a envie de TOUT voir tellement c’est beau, chouette, animé, plein de gens sympa. Et oups, on en oublie qu’on a aussi du boulot et des clients qui attendent un mail / un skype ou autre.

Ma solution

Au début je tombais beaucoup dans le piège de vouloir trop sortir et je me retrouvais à travailler jusqu’à pas d’heure pour rendre des travaux en temps et en heure. Et à chaque fois je me disais « plus jamais ». J’vais pas mentir, je l’ai fait 2-3 fois avant d’avoir une vraie discipline à ce niveau (on est humain, on apprend toujours de nos erreurs hein).

Depuis que je voyage DOUCEMENT je me mets beaucoup moins de pression. Je crois que j’en avais déjà parlé, d’une copine que j’avais rencontrée à San Francisco et qui se lançait dans le nomadisme : elle changeait d’endroit 2 à 3 fois par semaine. Franchement au début j’étais impressionnée, mais après je n’ai pas été étonnée qu’elle pète un câble et rentre chez ses parents : elle a fait un burn out de voyage. Elle a quand même tenu, si je me rappelle bien, 8 mois à ce rythme ce qui est … surhumain.

Bref tout ça pour dire : prends ton temps. Déjà, il faut se créer une routine (ouais tu sais le truc que tu cherches à fuir en plaquant ton CDI). Comme ça tu as des plages de travail définies, et tu sais qu’après tu peux sortir, faire d’autres trucs. Bien sûr, rien n’est figé : t’es quand même freelance et donc libre d’organiser ton emploi du temps, de prendre un jour de congé dans la semaine plutôt que le dimanche, de repousser certains trucs … (pas trop non plus). Tu peux avoir une journée 100% travail et le lendemain partir en rando ou choisir de ne travailler que le matin pour avoir le reste de tes journées libres …

Mais honnêtement, prends ton temps quand tu découvres un pays ou une ville. Ca ne sert à rien de courir.

Freelance : les difficultés et les solutions ** #freelance
Tu peux aussi mettre à profit les heures perdues à l’aéroport pour avancer !

Le manque de stabilité

Ne pas avoir d’adresse fixe, c’est l’un des trucs qui m’a le plus embêtée au début. Des adresses j’en ai eu plein, mais s’il faut à chaque fois prévenir tout le monde que tu en changes (la banque, les institutions, l’Urssaf, etc) franchement c’est galère. Et puis si t’es freelance t’as besoin d’une adresse pour enregistrer ton (auto-)entreprise dans ton pays d’origine (normalement).

Payer les cotisations, envoyer un chèque (oui ça se fait encore parfois), être rattaché par certains points à ton pays (pour moi, la France) ça demande parfois un peu de gymnastique. Expliquer à Pôle Emploi que t’es partie mais que tu vas peut être revenir, tenter d’aller voter dans le pays où tu te trouves pour une élection en France (oui c’est important pour moi) et j’en passe (j’ai plus d’exemple là). Des fois c’est chiant à gérer, surtout au début quand il faut tout organiser.

Ma solution

Alors ma solution à ce « problème » ne conviendra peut être pas à tout le monde. J’ai la chance d’avoir des parents qui ont fini par (faire semblant de ?) comprendre ce que je fabriquais avec ma vie et qui acceptent de me servir d’adresse. En fait, tous les courriers qui me sont destinés arrivent chez mes parents qui vivent en France.

Je me doute que tout le monde ne peut pas opter pour cette solution, mais si tu as un membre de ta famille qui accepte de recevoir un peu de courrier de temps en temps, profites-en. Mes parents ne font pas office de facteurs : ils ne me font pas suivre le courrier toutes les semaines. Ce que j’ai fait avant de partir, c’est d’opter pour le contact électronique avec le plus d’institutions possibles. Du coup mes parents ne reçoivent pas tant de choses que ça et la plupart du temps, ma mère ouvre mon courrier et m’envoie une photo. Dans 99% des cas je peux gérer à distance en rappelant la personne en question ou en les contactant par email.

Ta famille qui comprend rien

J’ai de la chance, mes parents et ma soeur ne me « jugent » pas sur ce mode de vie. Enfin au début ils se demandaient ce que je fichais, et pourquoi je faisais ça, mais maintenant ils voient bien (mes parents) que je ne me débrouille pas si mal que ça et que je suis loin d’être à la rue.

Ceci dit, je les soupçonne de s’inquiéter un peu. Que se passera-t-il « à la retraite » (si tant est qu’on en ai une) ? Ca se passe comment le chômage pour les nomades ? Et si tu tombes malade ? Et si, et si, et si ?

T’as beau leur expliquer que ce que tu fais n’est pas si fantaisiste, que oui tu peux avoir un peu plus de risques que tes copains en CDI et déjà proprio à 30 ans, mais qu’on a qu’une vie et qu’ils faut kiffer : rien à faire. Et alors si tu commences à expliquer à ta grand mère ce que tu fabriques sur Internet toute la journée c’est foutu (la mienne connait Internet « de nom » c’est tout).

Ma solution

Le dialooooogue. Tu peux pas dire à ta famille « ne vous inquiétez pas ça va » sans plus d’explications. C’est normal de s’inquiéter quand on ne comprend pas tout, quand on a l’impression que son enfant « prend des risques ». Et ce n’est qu’une impression qu’ils ont, justement : si tu leur expliques pas, ils ne comprendront pas.

Je ne te dis pas d’aller jusqu’à dire à ta mère à quelle heure tu te lèves, à quelle heure et ce que tu manges … mais juste, ta famille ne veut que ton bien, et si tu leur expliques et tu leur montres que c’est ça que tu veux faire et que tu le fais à peu près bien, ils arrêteront de t’embêter avec ta retraite, ton avenir, et tout le bazar. Bref, discutez.

Freelance : les difficultés et les solutions ** #freelance

Le ras-le-bol

Ca arrive à tout le monde, que tu sois nomade, freelance, salarié dans ton pays ou dans un autre. Peut être que ça arrive plus quand t’es freelance ? Je sais pas, peut-être. Disons que le fait de dépendre uniquement de soi pour avoir des rentrées d’argent, ça rajoute un petit stress. Parfois on peut se décourager, avoir envie de tout envoyer bouler.

Je ne te cache pas, ça m’est arrivé une fois ou deux, de penser à rentrer et avoir une vie « comme tout le monde ». D’ailleurs je l’ai fait. Une fois. J’ai tenu 3 semaines, je suis repartie en courant : je me suis rendue compte que les avantages à être voyageuse / freelance surpassaient de loin les inconvénients et il m’a fallu cette piqûre de rappel.

Je ne te cache pas non plus que ça arrivera peut être encore, et que cette fois-ci je me poserai peut être pour de bon : on ne sait jamais de quoi demain est fait et rien n’est jamais figé. Je vis comme ça pour l’instant, ça me convient, et peut être que demain je voudrai autre chose.

Il n’y a rien de mal à avoir des journées « sans ». Parfois ça permet de réfléchir à ce qu’on veut vraiment. Evidemment, si ça se transforme en déprime qui ne veut pas partir, c’est qu’il y a peut être un autre problème et que la lecture de cet article ne va pas forcément tout résoudre.

Ma solution

Je préviens mes clients que je vais être indisponible une journée (ou deux). J’éteins mon téléphone, mon ordi, et je vais voir ailleurs si j’y suis. Ou alors je change mes habitudes, mon environnement, je vais travailler dans un café ou dans un espace de coworking. Je change ma playlist, ou je travaille dans le silence. Ou alors je ne fais rien du tout, je regarde un film ou je lis un bouquin.

Faire exactement ce que je veux pendant ce laps de temps permet de recharger les batteries et évite le pétage de câble que je sens venir. Je reviens au boulot plus calme, plus reposée, avec de nouvelles solutions et de nouvelles idées pour mon avenir. Ca remotive.

Et parfois si j’en ai vraiment ras-le-Q je m’autorise à aller pleurer dans un coin en insultant le monde entier. Cinq minutes hein pas plus, ensuite je me mets un coup de pied aux fesses et je repars au combat 😉 (et nan, pleurer c’est loin d’être la honte, au contraire ça peut soulager de temps en temps !)

Conclusion

Cette vie est géniale malgré tout, je ne regretterai jamais d’avoir tout plaqué. Etre nomade ou grand voyageur, c’est parfois faire face à des galères, mais c’est aussi beaucoup d’apprentissage qu’on n’aurait pas forcément eu sans ça. On apprend à dédramatiser beaucoup de choses, à trouver des solutions créatives à des problèmes qu’on n’aurait pas imaginés. Ce sont beaucoup de leçons apprises et franchement quand je regarde derrière moi, ces 3 dernières années, je ne les regrette vraiment pas.

Pour aller plus loin : tous les articles sur le nomadisme


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2 comments

  1. Merci pour cet article avec des conseils pertinents, bien écrit et saupoudré d’humour. Je suis aussi un voyageur lent, en train de devenir freelance même si je ne prévois pas d’être nomade (du fait de mon couple). Au plaisir de te relire. Bonne continuation à toi

    1. Salut Guillaume, merci pour ce compliment ! Etre en couple n’empêche pas d’être nomade… tant que les 2 sont d’accord bien sûr ! Bonne chance pour ton projet 🙂


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