Roadtrip dans les Balkans – Carnet de voyage 7

Et on se retrouve déjà pour le 7ème carnet de voyage… 7 semaines déjà sur les routes je ne vois pas le temps passer (comme d’hab). Cette semaine je l’ai passée entre Albanie et Monténégro. Je vous raconte tout !

Roadtrip dans les Balkans - Carnet de voyage 7

Bye la Macédoine

Lundi, j’avoue avoir quitté un peu à regrets la Macédoine car je trouve ce pays très intéressant. J’y serais bien restée plus longtemps, mais j’avais déjà réservé mon logement à Tirana.

Avant de partir, j’ai discuté avec la dame de l’hôtel et je lui disais que j’hésitais entre passer la frontière à Debar ou à Struga. Elle m’a dit « surtout pas Debar, la route est pourrave, même les locaux ne passent pas par là » (c’est pas peu dire). Bon ben du coup, Struga. Et en passant, elle me conseille de m’arrêter à Ohrid et de visiter un peu car c’est un must-see en Macédoine.

La rencontre inattendue

Environ 5 minutes après être partie, des travaux sur la route neutralisaient une voie : il fallait donc passer en alternance. Au feu rouge, j’ai vu deux jeunes hommes en train de faire du stop, et marqué sur leur carton « Ohrid » : ça tombait bien ! Et eux, quand ils m’ont vue et surtout vu ma plaque, m’ont fait de grands signes en disant « Eh ! On est françaaaiiis ! ». Ils m’ont demandé si je pouvais les avancer un peu, je leur ai dit que j’allais à Ohrid, donc que j’allais les emmener jusque là bas tant qu’à faire ! Et ce fut parti pour 1h30 de route (pour faire même pas 100 kilomètres, mais entre les travaux et l’état des routes parfois… on ne peut pas rouler très vite !).

À un moment, nous avons remarqué que beaucoup de drapeaux albanais faisaient leur apparition, sur des bâtiments notamment. Je me suis demandé si nous n’avions pas passé la frontière sans le savoir ! Mais non, évidemment, nous étions toujours en Macédoine. Mais je pense que nous avons dû la frôler, comme si les deux pays se confondaient un peu tant ils étaient proches l’un de l’autre (géographiquement).

Déjeuner à Ohrid

J’ai donc passé un super moment avec ces 2 étudiants en architecture qui back-packent entre la Grèce, la Bulgarie et la Macédoine en mode Koh Lanta. En fait ils étaient tellement sympa qu’en arrivant à Ohrid, on a décidé d’aller manger ensemble. En plus, une place de parking s’est libérée juste sous nos yeux alors que nous étions dans un endroit blindé de monde, j’appelle ça de la chance !

On s’est trouvé un petit restaurant au bord du lac, il faisait beau, beaucoup plus beau qu’à Mavrovo d’où nous étions partis. Une partie du lac se trouve côté macédonien, et on a supposé que la partie en face de nous était en Albanie (après vérification quand je suis passée de l’autre côté, je confirme).
Au final je n’ai pas vraiment visité Ohrid, mais le peu que j’ai vu j’ai trouvé ça très charmant et je pense que c’est une destination à découvrir en Macédoine.

Lac d'Ohrid, Macédoine

Après Ohrid, l’Albanie

En début d’après-midi, j’ai quitté Tony et Guillaume et je suis partie direction l’Albanie.
Le passage de la frontière s’est fait super rapidement, avec un petit mot en français de la part du douanier albanais. J’ai tenté « falemnderit » (merci en albanais) mais je crois que je l’ai tellement mal prononcé que le gars n’a pas compris. Je vais devoir pratiquer tout ça !

La 19ème dimension de la conduite

Côté albanais, c’est comme si j’étais passée dans une autre dimension. Je ne dis pas que les macédoniens sont un modèle au volant (qui l’est, de toute façon ?) mais comparé à l’Albanie, ce sont des anges LOL. Mais je réitère : conduire dans les Balkans c’est parfois sportif. Je ne me risquerais pas à établir un classement des pays, car cela dépend des villes, si c’est en campagne, en montagne… je me suis fait une ou deux frayeurs en Serbie (en campagne), j’ai détesté traverser Zagreb (comme je déteste traverser Paris remarquez).

Mais LÀ. Putain les gars, c’est un autre niveau. J’étais donc dans les montagnes au bord du lac (en face de la Macédoine donc, vous suivez !). Et vlà les dépassements dangereux, le non-respect des lignes (quelles lignes ?) les klaxons intempestifs (bon ça c’est classique dans les Balkans on dirait). La vitesse excessive, en montée, en descente, dans les virages. La traversée des villes limitée à 50 ou 40 qui se fait à plus du double. Je me suis dit que j’allais finir par être témoin d’un grave accident, mais même pas. Même pas cardiaque (de ma part) (c’était pas loin).

Ceci dit, la vue était sublime sur la route. Le lac en contre-bas brillait de cinquante nuances de bleus, il y avait de la verdure, c’était beau. En temps normal je me serais arrêtée sur le bas-côté pour prendre une petite photo vite fait, mais j’ai vu 2-3 voitures utiliser cette minuscule voie pour me doubler par la droite, ça m’a refroidie. J’avais peur qu’une voiture, croyant cette voie libre, l’utilise pour doubler et me rentre dedans…

Money Money Money…

Il me restait un bout de chemin à faire jusqu’à Tirana, et je n’avais pas de Lek (la monnaie albanaise). Et comme je ne savais pas s’il y aurait des péages (et auquel cas, ils n’accepteraient certainement pas la CB) je me suis mise en tête de chercher un distributeur dans l’une des villes que je traversais. Quelle idée, mais quelle idée ! Déjà il a fallu trouver un endroit où me garer. Dans une ville inconnue, c’était déjà chiant. Mais en plus il fallait éviter les poules, les chiens, les chats, et les enfants qui s’attroupaient pour essayer de lire ma plaque d’immatriculation.

J’ai fini par réussir à me garer, mais il fallait encore trouver un distributeur. Heureusement je suis tombée sur un ado qui parlait à peu près anglais qui m’a indiqué le chemin, je me suis bien sûr perdue en y allant. Je suis arrivée sur une place principale, super moderne, comme si je passais du district 12 au district 1 dans Hunger Games. C’était hyper joli.

J’ai perturbé la machine

J’ai trouvé la banque, le distributeur, mais bien sûr, nouveau problème : ça marchait pas. Il me disait que “l’opération est refusée”. Ahaha, SANS BLAGUE ? Je voulais rentrer pour demander au guichet, et j’ai vu que la banque fermait à 15h. Il était 15h10. Deuxième blague. Heureusement le vigile est venu à mon secours, il a ouvert, a été chercher le responsable (normal quoi). Le responsable de la banque parlait un peu anglais, on a réussi à se comprendre, et il a fait marcher le distributeur, comme par magie. En fait, m’a-t-il dit, quand on le met en anglais, le truc bug et ça ne marche pas. Il fallait le mettre en albanais. Bah oui mais je ne lis pas encore bien l’albanais… ça l’a fait rire, il m’a dit qu’ici, il y avait rarement des étrangers, et que du coup personne n’utilisait les distributeurs autrement qu’en albanais. Heureusement que je n’avais pas tout cassé !

Conduire à Tirana : oui mais non

Bon, après tout ça, direction Tirana. Je commençais déjà à stresser sur la conduite dans la capitale. Et à raison ! Heureusement je n’ai pas eu à traverser toute la ville comme à Zagreb. J’ai juste emprunté les 2 axes principaux, des sortes de gros boulevards, et c’était déjà assez traumatisant. J’rigole, mais pas tant que ça.

Vous voyez tous les trucs dangereux que je vous ai cité plus haut? Eh ben imaginez-les en ville. Ah, et sans compter que je me faisais engueuler parce que, alors que c’était vert et que je tournais à droite, je m’arrêtais pour laisser passer les piétons qui traversaient. Les piétons avaient le bonhomme vert, bien sûr. Donc il faut s’arrêter. Non, pas à Tirana, la règle c’est de les éviter, nuance. Et en tant que piétonne les 2 jours suivants, je vous assure que j’ai eu quelques sueurs froides au moment de traverser les grands boulevards.

Tirana, une autre bonne surprise

Mardi, c’était mon premier jour de visite en ville. Je ne savais vraiment pas quoi en attendre, je ne connaissais personne qui avait déjà été à Tirana. Je connaissais un peu l’histoire de l’Albanie, mais sans plus. Aucune idée sur le type d’architecture, de culture que j’allais trouver : comme souvent, j’aime découvrir sur place. Et comme d’habitude, j’ai pris part à un free walking tour, comme il y en a dans énormément de villes.

Le guide était très sympa, il nous a montré les principaux points d’intérêt de Tirana et nous a raconté pas mal d’anecdotes historiques. Par exemple, que l’Albanie et l’Italie étaient assez proches. Et qui s’il y avait autant de bâtiments à l’architectue qui rappelle celle de l’Italie c’est parce que ce pays a été l’un des principaux à aider l’Albanie à se reconstruire après le communisme et la guerre d’ex-Yougoslavie. C’est aussi pour cela qu’on trouve pas mal de magasins avec des noms en italien, des restaurants italiens, voire même… des bus ! Avec écrit “montée” et “descente” en italien par exemple (j’en ai vu aussi avec des inscriptions en français).

J’ai été étonnée de découvrir une ville si colorée. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, peut-être plus de gris… je ne sais pas. Mais en fait beaucoup de bâtiments sont peints en couleurs, et j’ai trouvé ça très gai !

Tirana, Albanie

Tirana, Albanie

Tirana, Albanie

Tirana, Albanie

Tirana, Albanie

Tirana, Albanie

Un bout du Mur de Berlin à Tirana

Tirana, Albanie

Tirana, Albanie

Une autre rencontre

Durant ce free walking tour j’ai rencontré Christina (je ne sais pas si c’est la bonne orthographe !) et Anya, une maman et sa fille originaires des Balkans et qui voyagent ensemble dans les Balkans. On a décidé de passer le reste de la journée ensemble, d’abord pour déjeuner et ensuite pour visiter le Bunkart 2. C’est un musée qui se trouve dans un ancien bunker qui a été réaménagé (et pourquoi 2 ? Parce qu’il y a un “un” aussi, un peu en-dehors de la ville).

Celui-ci rend hommage aux victimes du communisme, une période vraiment pas drôle de l’histoire albanaise. Je m’en doutais un peu, j’en ai eu la preuve x10 000 durant ma visite. Je le recommande, d’ailleurs, si vous êtes de passage à Tirana. C’est très intéressant, et en plus ils ont misé sur la technologie. On peut télécharger une application sur son smartphone (le wifi est gratuit au musée pour pouvoir le faire). Puis dans certaines pièces, on peut scanner des photos exposées pour les passer en réalité augmentée. C’est pas mal fait, et c’est une bonne idée.

Prince's coffee, Tirana, Albanie

Le Dajti Ekpress en bonne compagnie

Mercredi, j’ai tenté le déplacement en bus ! Je voulais prendre le téléphérique qui mène à l’une des montagnes juste en-dehors de Tirana, le Dajti Ekspress. J’ai réussi à m’en sortir.

J’ai partagé la cabine du téléphérique avec 2 couples de libanais, 4 hommes. La montée dure environ 15 minutes, donc on a eu le temps de discuter, ils étaient très sympa et très drôles : l’un d’eux m’a sorti “I’m sure it’s the first you’re taking the cable car with the Village People” (“Je suis sûr que c’est la première fois que vous prenez le téléphérique avec les Village People”) j’ai failli mourir de rire.

Une fois en haut, ils sont partis de leur côté, moi du mien, mais comme c’est vraiment tout petit on s’est retrouvé au restaurant et on a décidé de manger ensemble. J’ai bien aimé cet endroit que je recommande et qui est facile d’accès depuis le centre-ville de Tirana (en plus le bus coûte 40 Lek soit 30 centimes…). La vue est superbe, autant pendant la montée qu’une fois au sommet.

Dajti Ekspress, téléphérique à Tirana, Albanie

Dajti Ekspress, téléphérique à Tirana, Albanie

Dajti Ekspress, téléphérique à Tirana, Albanie

Dajti Ekspress, téléphérique à Tirana, Albanie

Direction Durres via Berat

Jeudi, départ de Tirana. Dommage, je serais bien restée une journée de plus, il y a tellement de choses à voir… surtout que l’étape suivante, j’aurais pu m’en passer.

Bon, dans l’ordre, déjà, il a fallu sortir de Tirana. Mon GPS m’indiquait le chemin, mais une partie était en travaux. J’ai mis 20 minutes à trouver la route ! Je la voyais, cette fichue voie rapide, au loin. Mais impossible d’y accéder, tout était bloqué par les travaux. J’ai essayé de tourner autour, dans un sens, dans l’autre, rien à faire. Et vous croyez qu’ils auraient mis un p*%+$ù= de panneau “Déviation” ? BAH NON ! Et bien sûr, ces 20 minutes à tourner en rond prennent en compte toutes les “particularités” de conduite que j’ai déjà mentionné.

Une fois sur la voie rapide, je vous promets, j’ai voulu me faire un high five à moi toute seule, mais j’ai pas osé lâcher mon volant.

Je devais aller à Durres, mais avant je voulais faire un (grand) détour par Berat, une ville à ne pas manquer en Albanie, à environ 2h de Tirana. Et donc en 2h, j’ai vu des chevaux en liberté sur la voie rapide (nor-mal), des vélos en contresens (ça choque personne), des gens qui traversaient la voie rapide (pourquoi ? Bah pour aller de l’autre côté tient).
Ce n’était pas une “autoroute” dans le sens où on l’entend, plutôt ce qu’on appellerait une départementale mal entretenue qui traverse des villes. Des moyennes, des petites, des villages, des hameaux.

La traversée de l’Albanie

Dans un village, je suis tombée pile le jour et l’heure du marché. Genre, le marché sur le trottoir qui prend la moitié de la route, avec les gens qui traversent sans regarder, les animaux qui s’arrêtent en plein milieu de la route pour te dévisager (vous avez déjà été dévisagé par une vache pendant 10 secondes ? Bah moi oui !). Les gens qui voient ta plaque d’immatriculation et qui veulent absolument te parler mais évidemment on ne se comprend rien (en fait ils voulaient me filer de l’eau et de la bouffe ahah ! J’ai trouvé ça adorable).

Dans un autre, la route principale terminait en chemin de terre, mais c’était toujours la voie rapide (What.The.Fuck).

Et toujours, cette conduite et ces comportements … hors du commun. Genre, on ne peut pas se détendre 5 mn au volant, jamais. Je sais, on ne devrait pas, mais on le fait tous. Par exemple, sur une belle route droite, avec zéro obstacles, en général, on est moins nerveux qu’en plein milieu de Paris. Bah ici non, jamais, il faut toujours être sur le qui-vive, toujours. Non seulement quelqu’un peut avoir une manoeuvre hyper dangereuse envers toi ET te klaxonner pour t’engueuler de pas avoir réagi comme il faut (pâââârdon ?).

Bref… j’veux pas vous faire peur si vous décidez de faire un roadtrip dans les Balkans, soyez juste préparé !

Berat, THE ville à voir en Albanie (avec Tirana)

Je suis donc arrivée à Berat. J’ai retrouvé la civilisation et des dizaines de touristes que j’avais perdus entre Tirana et ici. Berat c’est l’une des plus anciennes villes d’Albanie, elle était déjà habitée au moins au -6ème siècle ! Elle est surnommée à ville aux mille fenêtres, on comprend aisément pourquoi quand on regarde les photos.
Franchement je l’ai trouvée super belle cette cité. J’aurai dû rester là, plutôt que d’aller à Durres, car pour être honnête… Je n’ai pas aimé du tout.

Berat, Albanie

Berat, Albanie

Berat, Albanie

Durres… mouais

Devoir traverser (à pieds) la voie rapide pour accéder à la plage c’était moyennement glamour mais soit. Par contre avoir le gros resort en mode hôtel immense – restaurant pas super bon (j’ai testé) – bar – discothèque – musique bouboum en pleine journée – transat à 10 balles – 50 000 personnes sur le sable… ça m’a vite saoûlée en fait. Et pour accéder à d’autres plages il fallait longer la voie rapide, j’ai renoncé, j’avoue. J’ai eu la flemme. Je suis restée une seule journée, et j’ai décidé de partir : direction le Monténégro !

Durres, Albanie

Ce fut plus dur que prévu…

Samedi, donc. J’avais tout prévu : partir le matin, traverser la frontière, m’arrêter à Ulcinj, déjeuner, et arriver dans mon logement à Bar en fin d’aprèm.

C’était sans compter le passage de la frontière qui a été le pire de tout le voyage (enfin pour l’instant, hinhinhin). Entre la Croatie et la Serbie, ça avait duré 1h30. En plein soleil, par 37°C. Je pensais déjà avoir pris cher. Là les bouchons ont commencé à 5km du poste-frontière de Shkoder. Et pour faire ces 5 km on a mis … TROIS HEURES ET DEMI !
Par 43°C sinon c’est pas drôle.

Et sans manger, évidemment. Mais pas sans boire, parce qu’il fallait bien renouveler le stock de sueur (hashtag glamour) (sans déconner mes vêtements étaient mouillé on aurait dit que je sortais d’une piscine) (je vous avais dit que vous sauriez tous les détails de ce roadtrip !).

Tic Tac, Tic Tac

13h : “Bon allez plus que 5 km et je vais manger sur une plage au Monténégro”
13h30 : “Il se passe quoi là devant ?”

13h45, sortie de la voiture, je vois la file de voiture qui s’étend à l’infini devant moi : “Ok, on reste calme, on commence pas à s’agacer par cette chaleur”
14h : “J’aurai dû prendre un truc à grignoter”
14h30 : “Pourquoi je suis trempée alors que j’ai pas encore vidé ma bouteille sur moi ?”
15h : “Génial on a encore fait 1 cm, on se rapproche !”
15h30 : “Je suis pas prête de bouffer en fait”
15h31 : “J’ai faim”
16h : “En fait je vais dîner au Monténégro. Enfin j’espère”.
16h01, 02, 03, 04, etc… : “J’ai faim”
16h15 : “LE POSTE FRONTIERE EST EN VUUUUUE !”

16h30 : Le douanier me dit “Bonjour France !”. Je réponds “Bonjour Monténégro” et ça le fait marrer.

16h35 : Comme par enchantement je roule sur la route monténégrine sans aucune voiture devant moi. Elles sont passées où en fait ??

Bar, enfin !!

Finalement je suis arrivée vers 17h30 à mon logement. J’ai failli oublier d’enlever mes fringues quand je me suis jetée sous la douche froide. Et elle était vraiment froide, vu que je n’ai pas pris le temps d’allumer le chauffe-eau (ça va pas la tête ?).

Après ça, vous pensez bien… j’avais faim. Je me répète. Je me suis trainée jusqu’à la plage et j’ai choisi le premier resto qui venait. Cheeseburger, frites, coca. Pour la bouffe traditionnelle, on verra un autre jour, là je voulais juste… manger. N’importe quoi.
Et puis j’ai assisté à mon premier coucher de soleil du Monténégro. Y’a pas à dire, ce pays sait recevoir. Ca va, je pardonne cette demi-journée passée à cuire dans ma voiture (mais j’oublie pas hein).

Coucher de soleil à Bar, Monténégro

Coucher de soleil à Bar, Monténégro

Coucher de soleil à Bar, Monténégro

La vieille ville, une merveille

Dimanche, je voulais absolument visiter la vieille ville qui se trouve à 4km de là où je loge. Je suis partie à pieds, le propriétaire m’a regardée comme si j’avais craqué. Bon ok il faisait un peu chaud, mais 4 km ça n’a jamais tué personne et j’aime découvrir une ville à pieds. J’ai bien fait, car en chemin, j’avais des vues incroyables sur la montagne, que je n’aurais pas pu photographier en voiture.

La vieille ville, j’ai eu un peu peur : c’est vraiment construit pour les touristes (en même temps Stari Grad Bar, c’est ZE truc à voir à Bar… donc normal !). Mais ça allait, ce n’était pas envahi (pas encore) pour un mois d’août j’étais étonnée.
Je suis montée jusqu’à la forteresse : l’entrée coûte 2€ et c’est très peu cher… mais plus que dans les autres pays des Balkans, je ne sais pas si c’est parce que le Monténégro devient “à la mode” ou si c’est une conséquence de l’euro. Je vous laisse méditer là-dessus !

La forteresse, un passage obligé

Les vues depuis la forteresse étaient incroyables. Ces montagnes du Monténégro, je les avais vues en photo. Mais en vrai elles sont encore plus belles. Un peu comme des géants qui entourent la ville et qui gardent un oeil sur elle.

Enfin, un géant qui malheureusement brûle… pas entièrement bien sûr, mais samedi soir, je voyais un incendie qui brillait dans la nuit. Heureusement il n’y a pas d’habitations de ce côté-là… mais quand même.

Ensuite j’ai marché jusqu’à un petit parc qui abrite, dit-on le plus vieil olivier du monde (d’Europe c’est sûr, du monde c’est ce qu’ils disent). Puis je suis retournée en centre-ville, toujours à pieds, pour rentrer à la guesthouse. Total, 15 km, quand on me connait ça mérite au moins 15 coups de canon ! Et toujours, quand on marche, on a en vue les montagnes, où qu’on regarde. C’est incroyablement beau je trouve !

Le soir, je suis redescendue à la plage, il fallait que je revoie encore un coucher de soleil avec ces montagnes. Je ne m’en lasse pas …

Bar, Monténégro

Bar, Monténégro

Stari Bar, Monténégro

Forteresse, Stari Bar, Monténégro

Forteresse, Stari Bar, Monténégro

Forteresse, Stari Bar, Monténégro

Forteresse, Stari Bar, Monténégro

Forteresse, Stari Bar, Monténégro

Forteresse, Stari Bar, Monténégro

Old Olive tree, Bar, Montenegro

Bar, Montenegro

Bar, Montenegro

Coucher de soleil à Bar, Montenegro

Coucher de soleil à Bar, Montenegro

Coucher de soleil à Bar, Montenegro

Une semaine qui se termine bien ! Merci Bar !

Voilà pour cette semaine mi-albanienne, mi-monténégrine. La semaine prochaine, direction la capitale du Monténégro avec un arrêt au lac Skadar. Non seulement il est sur mon chemin mais en plus on me l’a conseillé ça tombe bien !

« You are very brave »

A Mavrovo en Macédoine, la propriétaire de la guesthouse (une femme donc) m’a vue arriver et m’a demandé si j’étais seule. J’ai dit oui, comme convenu j’ai réservé pour une seule personne, moi. Et c’est là qu’elle m’a dit « Wow, tu voyages comme ça toute seule, en voiture, c’est dingue ! ». Ce n’est pas la première fois qu’on me le sort, que ce soit durant ce roadtrip ou mes précédents voyages.

Et elle me l’a redit quand je suis partie « you are very brave » comme si je faisais un sport extrême.

On est censé dire quoi ?

Je suis toujours un peu mal à l’aise pour répondre à ça. « Tu es courageuse ». Non… j’ai peur de plein de trucs. J’ai le vertige, ce qui peut être handicapant dans certains cas. Je n’ai jamais fait de plongée car je panique déjà avec un tuba (alors que je rêve d’en faire… un jour peut être). J’aime pas quand les gens haussent le ton, même si j’ai appris à répondre sur le même quand j’étais dans mon bon droit. J’ai peur de pas avoir assez d’argent le mois prochain. J’ai peur des guêpes, un peu du noir, beaucoup des fantômes et des vampires (qui sortent la nuit, c’est bien connu).

Par contre y’a aussi plein de trucs qui ne m’inquiètent pas, ou pas trop

Ou en tout cas, dont je ne m’inquiète pas avant que le problème ne se pose. Non, je n’ai pas peur de me perdre, j’ai 3 GPS et je peux demander mon chemin au pire. Je n’ai pas peur de tomber en panne, car pourquoi ça arriverait ? Et si ça arrive… je me débrouillerai bien.

Je n’ai pas peur de faire une « mauvaise rencontre ». Ca peut arriver, mais pareil, je ne prends pas de risque inconsidéré, donc je ne vois pas pourquoi je m’en inquièterais quand tout va bien.
Je n’ai pas peur de conduire dans un autre pays, ni d’avoir un accident en Albanie (ou ailleurs, hein, niveau conduite ils sont tous dingues AHAHA). Je fais de mon mieux, je me concentre, je râle contre ces mecs qui font du contresens sur l’autoroute (OUI OUI) mais je ne m’imagine pas les pires catastrophes. Ca peut arriver. Ou pas. Si c’est ça être courageuse, alors d’accord. Peut être que je le suis un peu.

Si vous m’aviez connue y’a 10 ou 15 ans vous n’auriez jamais imaginé qu’un jour je prenne ne serait-ce qu’un avion. Ou que j’aille dans un autre pays que la France. J’arrivais déjà pas à sortir de chez moi. Alors si j’arrive à faire « tout ça » c’est bien la preuve que tout le monde en est capable. Pas de la même façon, pas dans les mêmes pays, pas forcément en roadtrip, pas forcément seul.e … mais pourquoi pas d’ailleurs.

Une femme non accompagnée d’un homme ?!

J’ai souvent l’impression que le sous-entendu c’est « tu es courageuse de le faire seule … sans un copain ».
Comme si être à deux, et de préférence avec un homme, c’était plus sécurisant.

Ah bon ? Ouais ok, je fais 40 kg (pardon, mais j’ai arrêté de grandir à 12 ans et demi). Donc si quelqu’un veut agresser / voler un sac, il va plutôt s’en prendre à moi qu’à un mec de 90kg. Avoir un copain baraqué avec moi ça pourrait dissuader. Mais vous savez quoi ? Je n’ai jamais été victime de ça, dans aucun pays. Chance ? Peut être. J’aime aussi penser que si bien sûr cela arrive, ce n’est pas tout le temps, tous les jours, toutes les femmes seules.

Les hommes conduisent mieux que les femmes (lol)

Plus sécurisant en voiture, aussi. Peut-être parce qu’un homme ça conduit mieux, ça reste plus calme, ça gère mieux … ? Ahaha. Demandez à l’italien qui était derrière moi lorsque j’ai attendu 3h30 à la frontière. Il n’était pas calme et il n’a pas géré. A un moment il a même a tenté de doubler tout le monde et a fini dans le fossé. Il a fallu que des gens attachent sa voiture je sais pas comment pour le sortir de là.

De même, s’il doit y avoir un accident, je ne vois pas comment un homme l’éviterait mieux qu’une femme. D’ailleurs, je m’en suis plutôt bien sortie jusqu’ici, que ce soit dans les Balkans que lors de mon Paris → Portugal (aller-retour). Ou aux USA. Ou en Nouvelle Zélande. Bref. 13 ans de conduite, un seul accrochage (et c’était même pas ma faute) (c’était… un mec, MDR). De la chance ? Ouais, ou juste que ça n’a rien à voir avec le fait d’être un homme ou une femme, mais un.e abruti.e ou pas.

Seule, à deux, à plusieurs …

Bien sûr j’aime voyager à deux / plusieurs également : j’ai des super bons souvenirs de mes roadtrip, weekend, vacances entre copines, et j’aimerais le refaire encore et encore. Chaque type de voyage a son avantage et, parfois, ses « inconvénients » même si le mot est un peu fort (scusez, je n’arrive pas à mettre le doigt sur le mot que je cherche).

Bref, je pourrais continuer comme ça longtemps. Il y a un fait : voyager seul.e c’est « courageux » dans le sens où on ne dépend de personne. Pas d’un copain, pas d’un ami, pas d’un membre de sa famille. On développe des trésors de débrouillardise, on fait des trucs qu’on ne pensait pas faire avant. Il y aurait de quoi écrire un bouquin entier sur le sujet d’ailleurs. Mais non, ça ne veut pas dire que l’on (je) doive susciter une admiration sans bornes parce qu’on (je) est (suis) une femme seule. J’adore être seule, même si je ne le suis jamais réellement : être seul, ça permet de rencontrer plein de monde. Voyager seul ou à plusieurs, c’est juste « différent » et il n’y en a pas de plus courageux que d’autres.

Pour moi, un couple qui n’a jamais voyagé et qui débarque en Inde pour la première fois est immensément courageux, même s’ils sont à deux. C’est quand on surmonte ses peurs qu’on a du courage. J’ai sauté en parachute, et là je suis ok pour qu’on dise que c’était badass (même si ça n’a pas guéri mon vertige lol). Et le jour où je ferai de la plongée sous-marine avec bouteilles et tout le bazar, je ne serai pas contre le fait qu’on me tire un feu d’artifice quand je remonte à la surface !

Pour aller plus loin : relire tous les carnets de voyage de ce roadtrip dans les Balkans


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