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Nomade digital vs location independent

Ca fait des années que le style de vie “nomade digital” fait rêver beaucoup de monde. Le but de mon article aujourd’hui n’est pas de dé-tricoter le mythe à coup de “non, créer un blog de voyage ne suffit pas à voyager gratuitement” (oups I did it again). Récemment je parlais avec une copine de ce style de vie, et ça m’a rappelé toutes les fois où on m’a demandé “Ah t’es nomade digital?”. Parfois avec curiosité, parfois avec admiration (ça fait du bien) ou encore de grands yeux qui disent “moi, jamais de la vie”.

Tout le monde a un avis différent sur la question et le but n’est pas non plus de vous dire à quel point c’est génial de vivre comme ça. Mais quel est le but de cet article alors, me demanderez-vous ? En fait y’en a plusieurs : pourquoi je ne me considère pas comme nomade digital, pourquoi je me considère plutôt comme “location independent” (tient encore un nouveau mot), pourquoi je n’aime pas trop catégoriser les gens et pourquoi mon style de vie n’est pas si foldingue qu’il en a l’air. Sortez le thé et les petits gâteaux, je vais essayer de faire court mais je ne promets rien.

Nomade digital vs location independent ** #Nomadedigital

Nomade digital vs location independent

Il me semblait important de commencer par là, par la définition que je donne à ces deux termes. Bien sûr il s’agit de mon opinion, et vous pouvez ne pas la partager. Je le répète souvent mais on est sur un blog perso ici 🙂

C’est quoi un nomade digital ?

J’ai l’impression que ce “statut” si je puis dire est apparu quand certains n’ont plus voulu se contenter d’un long voyage en sac-à-dos pendant plusieurs mois autour du monde. Le travelbug ayant eu raison d’eux, ils ont décidé de voyager indéfiniment, en travaillant grâce à un ordinateur et une connexion internet, afin de financer leur “voyage” au fur et à mesure. Je mets voyage entre guillemets car à ce niveau là, ça devient de la vie quotidienne et plus vraiment … un “voyage”. Vous suivez ?

Les nomades digitaux (je sais pas si je viens d’inventer un pluriel là) n’ont pas d’adresse fixe. Ils créent leur activité en ligne, et ne sont dépendants que d’une connexion internet. Ils travaillent à distance pour une entreprise, deviennent freelance ou montent leur propre boite. Et comme ils sont “nomades”, donc, ils changent d’endroit assez souvent. J’en ai rencontré qui changeaient plusieurs fois par semaine, et je me suis demandée comment ils arrivaient à tenir. D’autres restent plusieurs semaines ou mois. Cela me paraît bien moins difficile, mais c’est mon avis. Le burnout du voyage, c’est une réalité, Lucie de Voyages et Vagabondages l’explique ici.

Mais expliqué comme ça, ce mode de vie vend du rêve. Comme tout “style de vie”, il a ses inconvénients, j’en parlerai un de ces jours. Et je ne suis pas certaine que tout le monde soit prêt à les supporter… surtout quand on ne sait pas ce qui nous attend. En fait, on n’imagine que les bons côtés sans penser aux mauvais (ou sans vouloir y penser).

Nomade digital vs location independent ** #Nomadedigital

Et “location independent” donc ?

J’écris cette expression avec l’orthographe anglaise car pour être honnête, je ne connais pas son équivalent en français. Il n’y en a peut être pas. En gros c’est l’indépendance géographique, le fait de vouloir et pouvoir vivre où l’on veut. Un peu comme un nomade digital, un “location independent” n’a pas d’adresse officielle et peut voyager autant qu’il le veut. Comme un nomade digital, il a un boulot qui lui permet de vivre ainsi, avec un ordinateur et une connexion internet. Un emploi du temps flexible, une organisation qui lui est propre.

Vous allez me dire “c’est pareil alors”. Mouais. Nan. Ok c’est subtil, mais pour moi il y a des différences. En gros, un nomade digital est “location independent” puisqu’il n’a pas d’adresse fixe, mais l’inverse n’est pas forcément vrai. Un “location independent” n’est pas forcément un nomade. Certains ont une adresse, un endroit bien à eux, même s’ils ont l’option d’en changer facilement.

Nomade digital vs location independent ** #Nomadedigital

Ce qui m’a amené à réfléchir à ça c’est …

Que des voyageurs, nomades ou non, m’ont posé la question : “t’es nomade ?” “t’es pas nomade puisque t’es pas à 100% digitale”. Ou alors m’ont fait la remarque : “T’es pas nomade si tu voyages si lentement”. Ah, tient, le slow travel, j’en ai pas parlé. Bon en même temps l’expression parle d’elle même.

“T’es pas nomade si tu voyages si lentement” : en même temps qui a dit que j’étais nomade ? Ahah ! Donc pour être nomade digital, il faut changer de lieu toutes les semaines. Ok, je suis donc d’accord : je ne le suis pas. Tout simplement parce que vivre comme ça, je peux le faire pendant quelques semaines (voire quelques mois, je l’ai fait dans les Balkans en 2017) mais pas indéfiniment. Vous voulez ma mort ??

En revanche, je me considère comme “location independent”. Certains définissent ce mode de vie comme ayant “une base” (pouvant changer, si besoin). Moi je n’en ai pas de bien définie. En ce moment c’est Liverpool, demain ce sera ailleurs. Enfin pas demain, mais vous m’avez comprise.

Et encore que …

J’ai un boulot en freelance, mais je me suis rendue compte que pour en vivre, c’était plus simple dans les pays où le niveau de vie est moins élevé. Par contre ici, en Angleterre, c’est plus compliqué. C’est peut être ma faute (je ne facture pas assez cher, je ne trouve pas assez de clients …?) mais c’est pas le sujet). En tout cas, pour vivre et mettre des sous de côté pour la prochaine étape, c’est clairement pas faisable. J’ai donc décidé de reprendre un boulot en CDD.

Bah du coup j’suis même plus location independent ?

Parce que si je m’auto-cite : “Comme un nomade digital, il a un boulot qui lui permet de vivre ainsi, avec un ordinateur et une connexion internet.”
Je l’ai toujours, ce boulot. J’ai juste décidé de me rajouter une difficulté (et de m’ôter quelques heures de sommeil) en allant travailler en 9-to-5 pendant quelques semaines / mois. Lancez-moi des fleurs.

Je me re-auto-cite “je me considère comme “location independent”.

Tout simplement parce que Liverpool n’est pas et ne sera jamais ma “base”. Rien de personnel hein, c’est juste que j’ai pas le coup de coeur qui me fait dire “punaise je vais passer ma vie là”.

Depuis que j’ai décidé de plaquer mon CDI français, il y a 2 ans et demi, je suis passée de “mais je suis quoi en fait ?” à “pourquoi faut-il toujours se mettre dans des cases et se coller des étiquettes ?”. C’est humain, je crois, de vouloir se revendiquer quelque chose (j’arrête avant de partir sur une analyse sociologique). Nomade, digitale, indépendante, SDF … ? Peu importe, je veux juste vivre où je veux et quand je veux. Prolonger le voyage indéfiniment, plus ou moins vite, en travaillant ici et là parce que l’argent ne tombe pas du ciel ni du compte en banque de mes parents, et que si je foire mon freelance, bah c’est à moi de trouver des solutions.

Nomade digital vs location independent ** #Nomadedigital

Parce qu’en fait je m’en fiche de savoir “ce que je suis”

TOUT ÇA POUR ÇA ! Je vous ai pondu 1186 mots pour en conclure que je n’aimais pas les étiquettes. “Nomade digital”, “location independent”, depuis l’avènement des blogs de voyage, on invente de nouveaux métiers et c’est très bien. Ils vendent du rêve (c’est moins bien), ils lancent des vocations (c’est cool). Mais ils sont parfois fantasmés, dans le bon ou mauvais sens du terme. Autour de moi “on” croit que j’ai une vie instable, que c’est de la folie, que je vais le regretter quand arriveront mes vieux jours…

Peut-être.
Ou peut-être pas.

Pour l’instant je profite, car mes vieux jours n’arriveront peut-être pas. Une de mes anciennes colocs d’Ecosse est morte dans un accident de voiture il y a un an, elle n’avait pas 25 ans. Ca fait réfléchir croyez-moi. Et ma vie n’est pas si instable, tout dépend de la définition que vous donnez à la stabilité. Ce n’est pas de la folie non plus, c’est du kiff. C’est interdit ? Et tant pis si je termine sur une expression bateau au possible : “Dans 20 ans, vous serez plus déçu par les choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez.” (C’est Mark Twain, pour info).

Nomade digital vs location independent ** #Nomadedigital

Dans 20 ans je ne veux pas me dire “mince j’aurai dû faire ça quand j’en avais l’occasion”. Je préfère me dire “punaise j’ai fait ça, et franchement c’était flippant mais qu’est-ce que c’était bien”.

À vous : vous avez déjà réfléchi à la différence entre nomade digital, location independent, ou vous vous en fichez ? Vous avez adopté l’un de ces styles de vie ? Vous pensez le faire un jour ?

Pour aller plus loin : retrouvez tous les articles consacrés au voyage à plein temps 


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10 comments

  1. Tu expliques bien la différence, mais en effet qu’importe les étiquettes et le plus souvent ce type de personnes évoluent de l’un à l’autre! Je réfléchis à être location independent pour quelques temps et àa me fait bien flipper! 🙂
    Merci pour la mention 🙂

    1. Coucou Lucie !
      J’espère que c’est de la “bonne” peur, pas celle qui paralyse 🙂 c’est vrai que chaque changement de vie et / ou de situation ça donne un peu le frisson mais quel sentiment de liberté après ! J’espère que tu te lanceras quand tu seras prête. Moi je ne regrette pas. Et puis rien n’est jamais définitif : si quelque chose ne nous convient pas, on peut toujours changer. Bises !

      1. Comme tu dis, rien n’est jamais définitif, heureusement! Non non, je ne suis pas paralysée, mais j’ai une forte tendance à me laisser emporter par les opportunités et à dire oui à tout! Pas facile d’apprendre à dire non!

        1. Ahah ! Ca je comprends bien … je dois apprendre aussi, c’est en cours ahah 🙂

  2. J’ai beaucoup aimé ton article, surtout quand tu dis on s’en fiche des étiquettes ! Mais tellement !
    Qu’est-ce que ça peut faire si tu es nomade digital ou autre, c’est juste un terme qui répond à un effet de mode.
    Tant que tu es bien toi !
    D’ailleurs, j’aime beaucoup ta façon de vivre. Je trouve toujours génial de voir que t’es quelques mois à un endroit, ensuite ça change. Là Liverpool, c’est plus long, mais c’est comme ça et voilà.
    Ce que j’ai appris durant notre voyage, c’est qu’on est clairement pas fait pour être nomade digital… Voyager un temps c’est génial, mais avoir son chez soi et créer des liens c’est ce qu’on préfère. Maintenant, ça peut être fait partout dans le monde !

    1. Je vais pas te mentir : avoir une “base” et des liens ça me manque parfois. Maintenant le manque n’est pas encore “pesant” et ne me donne pas envie de me poser. Liverpool est plus long… pas que pour de bonnes raisons, mais comme on dit c’est la vie. Qui sait la prochaine destination sera peut être aussi longue, ou pas, l’avenir me le dira !

  3. J’ai beaucoup apprécié ton article et j’avoue que je m’y reconnais beaucoup. Je ne suis pas vraiment Digital Nomad, pas vraiment Location Independent non plus, mais ces derniers mois j’ai quand même beaucoup bougé tout en travaillant de mon ordinateur… Sauf que j’ai un appartement disponible en France au cas où et j’avoue que j’aime y revenir entre plusieurs voyages, qu’ils durent un mois ou une semaine. C’est là mon cocon, là que je resterai surement un jour mais je le vois plus comme une petite solution de repli pour le moment.
    Je suis totalement d’accord sur le fait que ce mode de vie a des inconvénients même s’il fait rêver sur le papier. Pourtant comme tu le dis, ça reste une expérience géniale à vivre et tu pourras te dire à la fin de ta vie : “j’en ai fait des choses quand même !”.
    Que d’autres ne te comprennent pas, ça c’est une autre histoire… Tu ne vis pas pour eux (ouf!) et je crois quand même que les gens évoluent la dessus peu à peu, surtout notre génération.

    1. Tu as bien raison, je ne vis pas pour eux, et de toute façon la plupart du temps, leur incompréhension n’est pas “méchante” c’est juste qu’ils ne comprennent vraiment pas. Je ne demande pas d’accepter que c’est un mode de vie génial, juste qu’il me convient comme j’accepte que les modes de vie stables et routiniers conviennent à d’autres !

      Merci pour ton retour 🙂

  4. Tu le sais, je ne suis aucun des 2 puisque je ne bouge pas de là où je suis, sauf pour partir en vacances ! (L’expat est sans doute ce qui nous tenterait le plus et ça c’est encore une autre histoire !)
    De notre côté, un schéma familial différent et aussi sans doute un “formatage générationnel” nous font avoir une approche toute autre du mode de vie “en mouvement” dont tu parles !
    Ceci dit, je comprends parfaitement ton point de vue sur le fait de profiter sans savoir de quoi demain sera fait ! A chacun son mode de vie ! L’équilibre est parfois difficile à trouver, comme dans toute situations et le plus important est donc de suivre son instinct et de faire comme on le sent pour rester aligné avec ses envies.
    Des étiquettes, les gens en colleront toujours. Dès que tu sors un peu de la norme, j’en sais aussi quelque chose ! Mais heureusement, comme le dit Lucie au dessus, on vit avant tout pour soi 😉
    Moi en tout cas, j’adore te suivre !

    1. Ah c’est gentil 🙂 oui voilà on a tous et toutes des schémas et des envies différents. Et tout cela évolue avec le temps ! Le principal est de ne rien regretter 🙂
      Je vais continuer à papoter alors ahah !