Liverpool : ce que j’aurais aimé savoir avant de partir

Nouveau rendez-vous des histoires expatriées, ce rendez-vous organisé par Lucie du blog L’occhio di Lucie. Chaque mois, des blogueurs et blogueuses expatrié.e.s sont invités à écrire sur un sujet commun.

Ce 15 avril, le sujet est : ce que j’aurais aimé savoir avant de partir. Le sujet a fait tilt, et j’ai décidé d’écrire sur Liverpool.

Liverpool : ce que j'aurais aimé savoir avant de partir ** #Liverpool #Expatriation

Dans les différents pays où j’ai vécu je ne peux pas dire que j’ai eu d’énorme choc culturel. J’ai visité des pays où j’en ai eu : l’Inde, bien sûr, le Vanuatu, ou plus récemment la Macédoine (oui oui c’est possible d’avoir un choc culturel en Macédoine). Mais la Nouvelle Zélande, l’Ecosse, San Francisco, l’Angleterre, sont des endroits assez proches dans le sens « occidentalisé » du terme de la France. Ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas l’Inde ou des pays d’Afrique où tout est totalement différent. Bien sûr, ces pays ont leur propre culture et mode de vie, mais de là à être « choquée », je ne peux pas vraiment dire ça.

Ceci dit, avant de venir m’échouer à Liverpool, il y a des petites choses que j’aurai aimé savoir. Les mois précédents j’avais traité le sujet des histoires expatriées en parlant de plusieurs pays, aujourd’hui je vais me concentrer uniquement sur Liverpool car en lisant l’intitulé, j’ai tout de suite sur de quoi j’allais parler.

Alors sans plus attendre, avant de bouger ici, j’aurai aimé savoir …

1/ Que l’accent est incompréhensible !

Non mais sérieusement, ils parlent anglais à Liverpool ? Depuis que je suis là j’ai l’impression d’être une débutante dans cette langue, alors que j’ai quand même vécu et travaillé dans 3 autres pays anglophones et que j’ai survécu ! Là, que dalle. Je pense limite à me mettre des épisodes de Dora l’Exploratrice pour me remettre à niveau.

Je transpire à chaque fois que j’arrive à la caisse parce que j’ai peur de ne pas comprendre si la caissière me dit un truc du genre « vous avez la carte de fidélité du magasin ? » « Heeuuu… I don’t know ? »

Quand j’achète ma carte de bus tous les lundis, je prie pour que le chauffeur ne me pose pas de question parce que je ne les comprends jamais et j’ai peur que ça dure une heure et que ça fasse chier tout le monde qui attend.

Quand on frappe à la porte et que ma coloc n’est pas là, j’ouvre pas parce que le voisin d’en face a déjà essayé de communiquer avec moi et je crois qu’il m’a pris pour une débile quand à la fin de sa phrase je l’ai regardé pendant 10 secondes sans rien dire puis que j’ai répondu « Ok ! » avant de limite me barrer en courant pour pas qu’il renchérisse.

Je me rappelle la première fois que j’ai atterrit à Liverpool, j’attendais que ma coloc vienne me récupérer à l’aéroport. Un type a vu que j’errais, un peu en perdition. Il m’a dit quelque chose qui ressemblait à « D’ya nee’elp to fin’ you bouche ? » (do you need help to find your bus)

Bienvenue chez les Ch’tits version liverpoodienne.

Architecture de Liverpool ** #Liverpool

2/ Qu’il pleut

Je sais je sais vous allez dire que je suis un disque rayé. Désolée. Mais c’est la réalité. Nous sommes le 15 avril et… il pleut. Je ne vais pas vous mentir : je. n’en. peux. plus.

Je crois que tout le monde sait que moi, la pluie, ça me déprime. Pourtant j’ai grandi en région parisienne donc on peut dire que la grisaille, je connais. Mais c’est là toute la subtilité : je peux faire avec la grisaille. Pas avec la pluie. La pluie qui tombe, tout le temps, tous les jours, parfois une journée entière sans s’arrêter, bien drue. Je me rends compte aujourd’hui que vraiment, le mauvais temps joue sur mon moral.

Deux minutes de ciel bleu, vite, allons dehors !

C’est au point que quand il fait beau 2h dans la journée, je n’arrive même pas à m’en réjouir, je me dis « ouais bah de toute façon dans 20 minutes il va re-pleuvoir » (et c’est le cas). Tous les matins quand je pars au boulot, j’ouvre la porte et oh, du gris, de la pluie, encore une journée normale à Liverpool quoi. Je suis surprise qu’il ne me soit pas encore poussé des branchies.

Bon, je dois être honnête aussi : on a eu quelques belles journées, des journées sans pluie du tout ET avec du ciel bleu. Allez, une ou deux, trois peut-être depuis janvier. Ces journées-là je m’emballe, je me dis punaise ça y est le printemps a démarré, c’est chouette, je ressors mes petites chaussures, j’ai envie de faire plein de trucs, plein de visites, plein de sorties… et le lendemain BAM il re-pleut pendant une semaine.

Visiter autour de Liverpool ? Hell no

Franchement tant que je suis là j’aimerais bien retourner à Manchester que j’avais bien aimé, aller au Lake District dont on m’a vanté les paysages, visiter d’autres villes telles que York, aller au Pays de Galles, sur la côte …

Mais franchement, sous la pluie ? Flemme, je préfère m’enterrer sous la couette. Je trouve ça dommage, mais je me vois mal profiter de la côte galloise sous une pluie battante, vous en pensez ce que vous voulez mais moi ça me fait c… 😀 Idem, je me vois mal payer 30 balles de train pour aller à York et me retrouver enfermée dans un café parce qu’il pleut des cordes et qu’on peut quasiment rien faire.

Pitié faites que le temps se lève avant que je mette les voiles d’ici et que je puisse visiter un peu les alentours !

La météo à Liverpool, un grand sujet ** #Liverpool

Si j’avais su …

J’aurais réfléchi à deux fois avant de venir passer l’hiver ici. Enfin, même si l’hiver est théoriquement fini. Certes vous allez me dire « tu vas t’enterrer dans le nord de l’Angleterre, what did you expect ? »

Oui, vous avez raison, c’est vrai. A quoi je m’attendais ? Bah à moins pire hein quand même. En tout cas une chose est sûre : le prochain pays, ce sera pas au-dessus de Paris. 

En 2017 j’ai fait 6000 bornes dans les Balkans en plein été, avec une moyenne de 38°C (et une pointe à 47°C à Skopje) et j’avais trouvé ça un peu compliqué. Avec le recul ? Ca l’était presque moins que ce que je vis actuellement. On échange quand vous voulez.

La météo à Liverpool, un grand sujet ** #Liverpool

3/ Que la beauté, il faut bien la chercher

Quand on a cette conversation avec ma coloc je sais que je lui fais du mal (lol). Elle aime Liverpool, elle la trouve belle. Moi pas. Je ne la déteste pas et je ne la trouve pas horrible non plus. Disons qu’avec un peu plus de soleil j’arriverai peut être à comprendre ce que L. lui trouve mais là non j’y arrive pas.

En fait elle a énormément de contrastes, cette ville. Le quartier géorgien est super, les docks sont supers, Sefton Park c’est chouette, le centre-ville est assez actif, il y a pas mal de coins sympa.

Mais il y a aussi des côtés que j’aime moins dans cette ville et je sais très bien que je ne pourrai pas m’y installer, et la météo n’est pas la seule en cause.

Street art à Liverpool ** #Liverpool #StreetArt

Le street art, un méga point positif !

Ce truc qui fait que je ne resterai pas définitivement à Liverpool

Je ne sais pas comment vous dire. J’ai peur de mal m’exprimer et de heurter des gens, donc je commence ce paragraphe en disant « c’est mon point de vue perso » (comme d’habitude en fait) et en tant que tel, il est subjectif, critiquable, et ouvert à la discussion.

J’avais déjà abordé vite fait le sujet ici, sur la différence sud et nord de l’Angleterre. J’entends dire, et je vois un petit peu aussi, que le nord est un peu plus « laissé pour compte » par le gouvernement qui investi moins dans cette partie du pays.

Est-ce que cela explique indirectement tous les « défauts » que je trouve à Liverpool ? Peut être. Certains de ces « défauts » (entre guillemets, car je ne trouve pas le bon mot) ne sont pas imputables à la ville ou aux gens, c’est juste un état de fait. Le chômage, par exemple. On ne peut pas dire que c’est « la faute de Liverpool » ou de ses habitants. Le niveau de vie, la pauvreté de beaucoup de gens qui vivottent avec les minima sociaux (et franchement, le mot minima ici prend tout son sens)… cela engendre des comportements que j’observe de près ou de loin et qu’au début, j’avais du mal à comprendre. Et je me disais « ah nan mais c’est pas possible je veux pas vivre ici ». Ca, c’était avant de commencer à comprendre le pourquoi. Est-ce que ça m’a fait revenir sur ma décision ? Non.

Il y a aussi le fait que la ville n’est pas très propre. Beaucoup de gens jettent leurs papiers, leurs détritus par terre, et franchement dans mon quartier c’est plus flagrant qu’ailleurs. Plusieurs fois j’ai vu des gens avec leur déjeuner dans un sac en papier ou leur Mc Do à emporter, et une fois mangé, jeter tous les papiers, sac, etc, par terre comme ça sans pression.

Je me dis mais merde, c’est quoi cette éducation ?

Eh bien, une éducation différente de la mienne, et je ne suis personne pour juger. J’ai tendance à dire « ne ME jugez pas avant d’avoir vécu ce que j’ai vécu » et j’essaie de m’appliquer mes propres conseils. Donc je ne juge pas les gens, mais ça m’embête quand même hein.

De même, je ne compte plus les gens bourrés dès 17h ou encore les TRES jeunes mamans dans le bus ou dans la rue avec leur poussette. Qu’est-ce qui fait qu’on est déjà imbibé à 17h ? Et sur le nombre de bébés aux très jeunes parents, combien sont des enfants désirés et combien sont arrivés par surprise ? Comment font ces mamans qui semblent à peine sorties du lycées pour assumer ? Qu’est-ce que je ne comprends pas ici ?

Pour finir sur une note positive

Ca parait bien morose tout ça, mais heureusement ça ne l’est pas complètement. Je maintiens que je ne ferai pas ma vie là, mais Liverpool a de bons arguments tout de même, autant pour la vie quotidienne que pour ceux qui viennent en touriste.

  • Sa diversité de restaurants abordables. C’est appréciable pour sortir un peu de chez soi et se faire un petit repas, pour 10-15 £ 

  • Ses bars et pubs 

  • Le quartier géorgien, mon préféré (il y en a d’autres, quand même)

  • Le fait que se soigner coûte moins cher qu’aux USA (à San Francisco j’ai quasiment dû vendre un rein pour soigner un rhume) (j’ai gardé mon rein et j’ai souffert en silence, j’avais plus de voix)

  • Le fait que malgré leur accent souvent incompréhensible, les gens sont sympa. La dame du magasin, les gens qui attendent à l’arrêt de bus, ceux à qui je demande parfois un renseignement et qui font attention de bien articuler parce qu’ils voient que j’ai rien compris à la réponse … on ne peut pas dire que je me sente si mal dans cette ville. Qui sait elle me manquera peut-être quand je n’y serai plus !

Architecture dans le quartier géorgien de Liverpool ** #Liverpool #GeorgianQuarterLiverpool


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