L’importance de la routine en freelance

Hello tout le monde ! Un article un peu différent aujourd’hui, même si cela concerne quand même le voyage. Je voulais vous parler de la routine. Oups, j’ai dit un gros mot ?

De nos jours, la #routine, c'est LE truc à fuir. Mais quand on #voyage et qu'on #travaille en #freelance, elle devient indispensable

La routine, c’est le mal

De plus en plus de nos jours, la routine c’est LE truc à fuir. Dans un couple, dans la vie, dans le travail, la routine, c’est la mort de tout. Evidemment tout le monde ne pense pas pareil : certains la trouvent rassurante et en ont besoin.

Mais pour beaucoup, partir en tour du monde, ou dans un pays inconnu, ou tester de nouveaux trucs, c’est pour « casser la routine ». Pour mettre du piment dans la vie, se prouver des trucs, sortir de sa zone de confort, etc… les raisons sont multiples. Certains vont même jusqu’à tout plaquer pour voyager à temps plein tout en travaillant à distance.

Pour ma part, c’était la routine professionnelle qui m’a miné le moral. En général je m’ennuie vite. Pendant quasi toute ma vingtaine, j’ai enchaîné les CDD pour pouvoir économiser des sous, partir en voyage, revenir, recommencer. C’était pas stable, mais c’était ce que je voulais. Jusqu’à ce qu’un beau jour, j’accepte un CDI.

NAN MAIS MOI ! En CDI ! Eh, on va pas se mentir, ça a aussi son petit confort. Mais par contre, p¨*%£ que je m’ennuyais ! Pas forcément au travail, mais plutôt en général. J’avais l’impression de « faire comme tout le monde » : aller au bureau tous les matins à la même heure, revenir tous les soirs à la même heure. Faire tout le temps pareil. C’était plus ce concept qui m’em….

La routine ? Vite, fuyons !

Bon je vais pas vous détailler toute l’histoire et le cheminement que j’ai pris (un jour peut-être vous aurez cette chance). J’ai réalisé que je ne voulais pas de ce voiture-boulot-dodo pendant 40 ans. Qu’avoir un patron c’était chiant (pardon hein, mais y’a des gens pour qui ça marche pas. Aucune attaque personnelle, évidemment). En fait, ne pas pouvoir faire ce qu’on veut quand on veut, dans le cadre du travail bien sûr, c’était chiant. Il faut faire telle chose à telle heure, de telle façon.

Mais si moi je voulais la faire plus tôt, plus tard, assise dehors dans le jardin ou affalée dans un canap’ en mangeant des Dragibus ? Bah j’pouvais pas. Les cadres c’est pas mon truc, plus on m’en met et plus je freine des deux pieds. Donc je suis partie, en mettant tout sur le dos de la routine en chantant La Bohème (je vous parle d’une chanson que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaaaaaîîîîîtreeeuhhhh).

La routine, le retour

Eh ouais les copains. Si vous voulez vous lancer en indépendant pour fuir la routine, vous allez être déçu. En fait, c’est beaucoup plus important qu’il n’y parait ! Freelance, c’est travailler tout seul, sans patron derrière pour te guider, te mettre un coup de pression, et autres joyeusetés de ce genre. Il faut le faire soi-même !

Donc il faut une discipline de ouf, un cadre précis, des horaires, un bureau… WHAAAAAT ??? Comme un employé en fait ? Ouais. Ceux qui me connaissent savent que pour le cadre et la discipline, j’étais mal barrée. Mais en fait, c’est venu assez facilement et rapidement. « Pas de travail, pas d’argent », c’est assez efficace pour lever les résistances.

La discipline, encore plus importante en voyage

L’autre jour je parlais avec une copine qui est indépendante aussi mais à la maison (en gros, pas « nomade digitale » comme on dit de nos jours). Elle me demandait comment je faisais pour gérer. Vaste sujet. Et encore un autre jour, je parlais justement de cette routine avec A., j’expliquais … ben en fait tout ce que je suis en train de vous dire.

Ici, je parle de mon cas, qui ne fait évidemment pas office de vérité générale pour tous ceux qui voyagent et travaillent en même temps. Mais depuis que je fais ça … j’ai BESOIN d’une routine. Sinon, je me perds. Encore plus que l’argent, l’engagement que je prends vis-à-vis de mes clients est hyper, méga, super important. Je n’assumerais pas de dire « ok les gars, désolée mais j’ai merdé, je vais avoir une journée de retard pour vous livrer ». J’aurais trop honte. En voyage encore plus qu’à la maison, c’est difficile de se discipliner et de trouver une organisation.

Trouver l’équilibre entre découvertes et travail

Pour moi ça a été le plus compliqué. Quand on arrive dans un nouvel endroit, il est normal de vouloir passer tout son temps dehors pour le visiter. Mais il ne faut pas oublier de travailler ! Quand ? Comment ? Où ? Ces questions n’ont pas de réponse bonne ou mauvaise.

Chacun gère comme il le sent : plutôt le matin, plutôt le soir en rentrant ? Une journée entière suivie d’une journée entière de découverte ? Tout cela dépend de la masse de travail et des impératifs. Sans oublier que parfois, on est amené à « skyper » avec ses clients, et qu’il faut caser une heure dans la journée pour le faire (et si le décalage horaire s’en mêle, ça peut devenir marrant).

Podgorica, Montenegro

Slow travel

J’ai connu quelqu’un qui a voulu se lancer dans le mode de vie « nomade digital » tout ça tout ça. Elle a tenu un peu moins d’un an, et elle est rentrée chez ses parents. Et pourtant, c’est une fille beaucoup plus expérimentée en terme de voyages que moi, elle a visité pas mal de pays, elle a l’habitude … Mais durant cette année, je l’avoue, je me suis demandé comment elle faisait pour tenir. Elle n’a pas passé plus de 3 nuits au même endroit ! Bien sûr je ne pense pas que ce soit la seule raison à son « échec » (mot qu’elle emploie, moi je parlerai plutôt « d’expérience » mais soit, sémantique).

Mais imaginez-vous : caser en 3 jours sur place des visites, du travail, de la recherche de nouveaux clients, du blogging, et par-dessus tout ça savoir où elle va aller ensuite… puis recommencer à l’endroit suivant ?

Ca fait beaucoup pour une seule personne. Certains y arrivent peut être, mais pour moi c’est impossible. En tout cas, pas pendant 1 an. Déjà que voyager 1 an sans travailler est épuisant !

C’est pourquoi le concept du « slow travel » ou « voyage lent » est particulièrement adapté à mon cas.

En Italie, par exemple

Je suis restée seulement 2 nuits, ce qui me laissait seulement une journée pleine de visite. C’était voulu, mais pas très pratique pour travailler : je pouvais le faire le soir de l’arrivée, puis le lendemain après la journée (épuisante) de visite. Cela m’a confirmé que je ne pouvais pas tenir ce rythme longtemps, surtout pas pendant 1 an. Mais c’était juste une « étape » avant un roadtrip un peu plus cool dans les Balkans.

Piazza San Carlo, Turin, Italie

Auberge de jeunesse vs chambre privée

Un petit aparté que je case ici. La plupart des voyageurs au long cours se logent en auberge de jeunesse car c’est plus économique. En contrepartie, vous dormez avec 4, 5, 6 (ou plus) autres personnes dans la chambre.

Quand on voyage et qu’on travaille en même temps, cela peut être un désavantage. Devoir faire hyper gaffe à ses affaires pour éviter les vols (ça arrive, malheureusement. Rarement, mais bon). Ne pas avoir la place de s’étaler comme on veut (l’ordi d’un côté, le café de l’autre, de quoi noter, etc…). Devoir tout ranger quand on quitte la chambre pour aller se balader. Et surtout, devoir travailler parfois dans l’agitation, ne pas céder à la tentation quand les copains décident d’aller boire un verre en ville… c’est pas simple.

C’est pourquoi beaucoup de « digital nomades » préfèrent les chambres privés, en hôtel, en airbnb, etc… pour éviter cela. Perso, j’ai testé les deux et… je vous ferai un retour bientôt 😉

Travailler sans se sentir coupable

Le gros avantage de rester plus longtemps à certains endroits, c’est de pouvoir travailler sans se sentir coupable. Comme je l’ai dit plus haut, quand on arrive à un nouvel endroit, il est normal de vouloir passer du temps à visiter. Si on doit rester enfermé pour avancer sur un contrat, rechercher de nouveaux clients… on peut se sentir un peu coupable de ne pas profiter de la ville ou du pays. Normal. Mais si on y reste longtemps, cela permet de concilier les 2 et en plus de ne pas s’épuiser.

Par exemple, je suis restée 4 nuits à Ljubljana alors que la ville est minuscule. Cela m’a permis de travailler le soir de mon arrivée. Ma première journée, je l’ai entièrement consacrée à visiter. J’ai travaillé un peu le soir. Le deuxième jour, j’ai moins marché et consacré une demi-journée à travailler. Idem le troisième jour.

Ljubljana, Slovénie

Tout est une question d’organisation, le gros avantage du freelance. Parfois il faut faire avec certaines obligations (skyper tel client à telle heure par exemple). Mais sinon, vous pouvez organiser vos journées comme vous le voulez et travailler à l’heure que vous voulez. Mais attention, cela peut être un inconvénient !

La procrastination

« Je le ferai plus tard », « j’ai pas envie maintenant », « je suis crevée », « oh tient y’a Netflix qui s’est ouvert sur mon écran ». Eh ça va, on l’a tous fait. Le revers de la médaille de cette grande liberté, c’est que justement on en a trop. Et comme on a personne derrière pour nous mettre un coup de pied aux fesses, il est facile de procrastiner.

C’est pourquoi, encore une fois, la routine est importante. Ce qui marche pour ma part, c’est d’avoir un emploi du temps même s’il n’est valable qu’une semaine. Vu que je change souvent d’endroit, le rythme de travail change d’autant. Et bien sûr il faut s’y tenir ! Si je me dis « ok, je vais travailler tous les matins avant d’aller visiter la ville », ou « tous les soirs en rentrant », je le fais. Enfin, j’essaie, au maximum (ça va, j’ai pas dit que j’étais parfaite hein). Bien sûr, définir ces heures de boulot est important, mais le plus important c’est aussi de couper toutes les distractions que sont les réseaux sociaux, youtube et compagnie. Il est possible d’être très productif en seulement quelques heures, si on est totalement concentré sur ce que l’on fait.

Encore une fois la phrase « pas de travail, pas d’argent », ça motive, et parfois on apprend ses leçons de manière un peu rude.

On est tous différents

C’est pourquoi je pense que le freelance n’est pas fait pour tout le monde (sinon tout le monde le ferait). Certaines personnes ne sont pas capables de se motiver, de se botter le derrière pour se mettre au travail. Elles ont besoin du cadre que le salariat offre. Ce n’est pas une tare, pas plus que « avoir un problème avec l’autorité » n’en est une. C’est un fait, on est tous différents. Mais finalement, on a tous besoin d’une routine, quelle qu’elle soit !


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