Roadtrip dans les Balkans – Carnet de voyage 3

Bonjour ! C’est déjà le 3ème carnet de voyage que j’écris, déjà ! Tout ce début de voyage, je n’ai pas vu le temps passer, parce que j’ai été souvent en mouvement. L’endroit où je suis restée le plus longtemps, ça a été 4 nuits à Ljubljana. Pour une adepte du « slow travel » n’est pas si long que ça.

Mais maintenant je suis à Belgrade, pour un total de 10 nuits. Cela va me permettre de souffler un peu, prendre le temps, me poser, visiter tranquillement. Et bien sûr travailler beaucoup plus et dans de meilleures conditions que jusqu’à maintenant.

Roadtrip dans les Balkans, Carnet de voyage 3 : Kutina (Croatie) et Belgrade (Serbie)

Alors, que s’est-il passé cette semaine ?

Dimanche dernier je vous disais que j’étais à Zagreb, prête à partir pour Kutina. Ce fut chose faite lundi matin. Il n’y a que 70 km environ donc la route ne fut pas très longue, et surtout, je me suis beaucoup mieux débrouillée pour sortir de Zagreb que quand j’y suis entrée. Ouf ! J’avoue que j’avais une petite inquiétude : conduire dans les grandes villes n’est pas toujours simple, encore moins quand on n’est pas « chez soi ».

Kutina, ou plutôt Brinjani

Quand j’ai réservé mon bed and breakfast, j’avais cherché à Kutina et j’avais pris le moins cher. Je n’avais pas fait gaffe que je n’étais pas à Kutina-même mais à environ 7km. Plus loin, dans la campagne. Ca s’appelle Brinjani.

Alors comment vous décrire Brinjani ? C’est la campagne ! Ca m’a rappelé l’endroit où ma grand-mère a une maison, en Haute Vienne. Certes je n’y suis pas retournée depuis …. pfiiioouuu plus de 10 ans, mais le peu de souvenir que j’en ai, ça y ressemble.

Brinjani, Kutina, Croatie

Brinjani, Kutina, Croatie

Le B&B Lukac

J’ai été accueillie par une mamie croate, qui ne parlait pas un mot d’anglais. Moi, je connais 4 mot de croate, donc la communication a été un peu compliquée, mais ça n’a pas eu l’air de la gêner : elle m’a raconté toute sa vie tout en me montrant où me garer, ma chambre, tout ça… Euh, ok madame.

Heureusement elle a téléphoné à son fils, le propriétaire des lieux, qui lui parle anglais et il a pu m’expliquer un peu ce qui se passait. J’étais arrivée tôt, donc lui était au travail, mais je pouvais m’installer tranquillement en l’attendant, et sa mère allait s’occuper de tout. All right.

Vino. Eco. Vota. Champagne.

Je suis allée me balader dans les champs et au retour, je suis tombée sur deux fermiers croates assis sur un banc en bois avec devant eux un tronc scié qui servait de table. Et deux verres dessus. L’un d’eux parlait à moitié anglais à moitié allemand (et la troisième moitié certainement croate mais j’ai pas compris). Et il m’a invitée à se joindre à eux (natürlich). Et voilà que je suis partie à goûter leur vin blanc local, bio, avec de l’eau pétillante pour faire comme du champagne pas cher. C’est la phrase entière que j’ai déduit dans les 4 mots que j’avais compris (j’ai fait allemand 2ème langue y’a environ mille ans).

Le truc avec eux c’est que dès que mon verre était vide, ils le remplissaient. Donc j’ai arrêté de le vider, mais ils le remplissaient quand même. Et leur vin blanc local bio coupé à l’eau gazeuse, c’est pas pour les fillettes : après 4 verres, j’étais paf. Mais ils étaient hyper sympa même si je comprenais rien à ce qu’ils racontaient. J’étais assise tranquille à regarder le paysage, à l’ombre du prunier (Eco. Bio. No pesticides) avec les champs devant moi. C’était cool.

B&B Lukac, Brinjani, Croatie

Le devoir m’appelle

Sauf qu’à 18h30 j’avais un entretien Skype avec un potentiel futur client. J’ai dû prendre congé de ces messieurs et marcher (droit j’espère) vers ma chambre et mon ordi. Le vin m’avait tellement monté à la tête que j’étais prête à parler en croate au mec. Je vous rassure, ce n’est pas ce qui s’est produit et je pense m’être plutôt bien débrouillée !

Coma de nourriture

Le soir, la mamie croate avait préparé un dîner de fou furieux. Genre elle a cru qu’on était 18, alors que j’étais toute seule. Comme le savent ceux qui me connaissent, je ne suis pas (du tout) une grosse mangeuse. Je m’étais méfiée quand, dans la journée, elle me parlait, s’est approchée de moi, a mis la main sur mon ventre en marmonant un truc. Ca devait être du genre « Toi je vais te remplumer, tu vas prendre 17 kilos avant de repartir d’ici ».

Evidemment c’était délicieux. Mais elle passait son temps à amener des trucs sur la table, je n’en voyais pas le bout ! La soupe, la salade, le plat, la viande, les patates, le dessert… Et tout ça avec un grand sourire en mode « vas-y mange, mange, encore ». Le cliché de la grand-mère quoi. J’ai d’ailleurs décidé de l’adopter officiellement, vu qu’il m’en manque une 😀

Le mardi matin, j’avais à peine digéré le dîner qu’elle m’a servi un petit dej de la même taille. Ok j’adore les petits dej, mais là j’en avais pour une semaine !! Elle a essayé de me coincer pour le déjeuner, mais vu que j’allais en ville, j’ai réussi à lui faire comprendre que je reviendrais plutôt le soir. Croyez-moi que je n’ai rien mangé de la journée pour faire de la place ! Je crois que je suis repartie avec +7 kg sur la balance !

B&B Lukac, Brinjani, Croatie

Kutina

Mardi j’ai été à Kutina. C’est pas comme s’il y avait un milliard de trucs à faire, mais il y avait au moins une église « Ste Marie de la Neige » qu’il fallait absolument voir, paraît-il. Je ne saurai jamais pourquoi, car quand j’y suis arrivée, elle était fermée à double tour. De toute façon mardi a été un enchaînement de fails puisque l’église était fermée, et j’ai pas trouvé le lac. J’avais suivi un panneau puis ensuite, plus de panneau du tout. Et sur le GPS c’était pas mieux, et quasi tous les chemins finissaient en cul de sac. Bref… va falloir penser au maillage des panneaux les gars !

Kutina, Croatie

Eglise Ste Marie de la Neige, Kutina, Croatie

Mercredi : roadtrip jusqu’à Belgrade

Alooooors ça, ça a été … dur. A cause de la chaleur. Bon la chaleur je l’ai subie en Italie aussi, ma voiture était une étuve. J’ai dû faire avec quelques bouchons, mais rien de méchant. Par contre là ! Arrivée à la frontière, il a fallu attendre de longues minutes en plein soleil pour le contrôle du passeport pour sortir de Croatie. Puis il y avait environ … je sais pas, 400, 500 mètres avant l’entrée en Serbie. Et environ 1 milliard de voitures. En plein soleil, par un peu plus de 30°C. Et ça a duré 1h (ce n’est pas une expression, ça a vraiment duré 1h? J’ai arrêté de compter quand ça a dépassé). Evidemment inutile de s’énerver (fulminer m’aurait donné encore plus chaud !) mais je vous avoue que euh… c’était chiant. Centimètre par centimètre, je me suis rapprochée de la douane, j’ai enfin pu donner mon passeport, le mec y a mis un petit tampon, et voilà ! J’ai pu entrer dans mon 19ème pays. Ouais ça m’a fait un choc quand j’ai compté, par curiosité, combien de pays j’avais traversé dans ma petite vie. 19. Dingue non ?)

Arrivée dans mon airbnb, la pression retombe … ou pas

Bon je n’étais pas exactement « sous pression » sur la route, disons que j’ai commencé à l’être quand je me suis perdue dans les petites rues (je loge un peu en-dehors de la ville, pour que ce soit plus pratique de me garer). J’ai fini dans un cul de sac qui n’était pas indiqué à l’avance, sinon vous pensez bien que je ne m’y serais pas engagée de mon plein gré. La rue était la plus étroite du monde, je frôlais les murs et les voitures garées sur les côtés, et bien sûr impossible de faire demi-tour.

Aux grands maux les grands remèdes, je suis sortie, j’ai alpagué le premier monsieur que j’ai vu et je lui ai demandé où était la rue que je cherchais en lui collant l’adresse écrite en alphabet latin ET en alphabet « serbe » si je puis dire sous le nez en mode « please help ». Il m’a indiqué le chemin et m’a aidée à faire la marche arrière en me guidant parce que franchement même avec une petite C3 c’était plutôt serré. Ca a pris 10 bonnes minutes pour me sortir de là, mais on y est arrivé, alors qu’on parle pas du tout la même langue (il ne parlait pas un mot d’anglais). J’ai jamais su son prénom, mais je l’ai remercé mille fois dans toutes les langues que je connaissais !

Une maison … ou pas

Quand j’ai réservé ce logement pour 10 jours, je voulais être un peu confort après 2 semaines à changer souvent d’endroit. Bon ben il semble que ce soit un fail !

J’ai cru réserver une chambre dans une « maison » (c’est ce qui était écrit sur l’annonce) mais il s’agit plutôt d’une « pension ». Donc en gros, pas d’accès à autre chose que la chambre et la salle de bain (et au wifi qui marche bien pour l’instant, ouf). Le reste, que dalle. Pas de cuisine, pas de lave linge, et le frigo était cassé à mon arrivée. Quand on sait que les températures montent jusqu’à 37°C cette semaine, vous imaginez que j’étais ravie.

J’étais un peu, disons, fâchée mais j’ai préféré passer outre. Comme à mon habitude, je règlerai les problèmes les uns après les autres quand ils se présenteront et pendant 10 jours, ce sera camping, pique nique et lavage des fringues à la main. Je l’ai déjà fait avant, et ça n’a jamais tué personne ! Disons juste que j’attendais autre chose, et que sur le coup je ne savais pas trop quoi penser. Le seul truc c’est que la chambre est un chaudron donc déjà pour dormir c’est pas facile, mais si en plus je dois « conserver » de la nourriture… disons que j’ai peur que mes fruits terminent en compote ! Vivement que le frigo soit réparé ! (Edit : il ne l’est pas, mais la femme de ménage qui vit sur place m’a fait une petite place dans le sien, enfin pas pour moi mais pour une bouteille d’eau, quelques aliments… merci Jasmina!)

Belgrade

Jeudi : Mission bus

Le airbnb se trouve à 6km de Belgrade, pour moi qui voyage en voiture, c’est plus simple d’être en-dehors de la ville. Je peux me garer et je n’ai pas à traverser une grande capitale inconnue avec toute la circulation qui va avec. Cela veut donc dire que je dois ensuite soit marcher soit prendre les transports.

Ici, il y a 2 alphabets : un latin et un cyrillique. Parfois les choses sont écrites dans les 2, parfois non. Et ici, parfois les gens parlent un peu anglais, et parfois non. J’avais donc préparé mon coup et cherché comment dire « bonjour, où puis-je acheter un ticket de bus s’il vous plait ? », j’avais répété, j’étais contente, j’étais prête. Sauf que je n’avais aucune idée à qui il fallait demander ça … j’ai tenté dans un kiosque à journaux (ils vendent des timbres, pourquoi pas des tickets de bus. Je sais, rien à voir). Et là le gars m’a regardée en fronçant les sourcils, et en disant « I speak English ». Ah bon ben j’recommence alors. Je crois que mon accent n’est pas au point. Mais il a noté l’effort et m’a dit qu’il avait apprécié (mdr). Ensuite il a fallu trouver le bon bus, le prendre dans le bon sens, mais ça, finalement, ça a été facile. Vous pouvez quand-même applaudir.

Visite guidée

C’était donc ma première journée de visite à Belgrade. En fait ça s’est terminé en demi-journée et je suis rentrée, il faisait vraiment, vraiment trop chaud. 33°C c’est pas facile, mais dans une grande ville comme ça… enfin, c’est un peu comme 33°C à Paris, c’est ressenti + 1000 ! Mais durant ce laps de temps j’ai pu voir quelques trucs qui m’ont plu. A chaque fois que j’arrive dans une nouvelle ville, je fais une visite guidée gratuite, il y en a dans quasi toutes les villes du monde (en tout cas toutes celles que j’ai visitées !). On doit juste donner un pourboire à la fin au guide et c’est toujours super sympa. Je vous recommande de faire ça d’ailleurs, vous tapez sur google « free walking tour » + la ville où vous êtes et vous aurez les infos. En général le départ se fait depuis un lieu facilement accessible, la place centrale, un monument facile à repérer, et ils indiquent toujours « le guide a un parapluie rouge / un t-shirt jaune ». Cette fois-ci n’a pas dérogée à la règle, ça s’est très bien passé mais je crois que j’ai fait une boulette à la fin, j’ai donné un pourboire en monnaie croate. J’en suis pas sûre, la dame n’a rien dit, elle n’a peut être pas osé … ? Je ne saurai jamais !

Le free walking tour de Belgrade

J’ai découvert le quartier bohème, la forteresse, la cathédrale, la mosquée… nous étions un petit groupe de 5-6 personnes et la plupart étaient intéressés par la guerre récente et les explications de la guide, on lui a posé des tas de questions sur le sujet. C’était super intéressant d’avoir son point de vue, même si elle a été transparente avec nous : elle a admis qu’il restait serbe, et qu’ailleurs, comme au Kosovo ou en Albanie, il était certainement différent. J’ai hâte de vérifier ça.

Après ça je me suis baladée un peu mais honnêtement le soleil tapait trop. Ca fait 3 semaines que pour moi, les températures ne descendent pas sous les 30°C. Je ne m’en plains pas trop, j’ai choisi ! Mais ça fatigue… En plus, je me suis dit que j’avais 10 jours sur place et que je pouvais prendre mon temps, je n’ai pas besoin de courir pour voir toute la ville.

Bohemian quarter, Belgrade, Serbie

Bohemian quarter, Belgrade, Serbie

Vue de la forteresse de Belgrade, Serbie

Vue de la forteresse de Belgrade, Serbie

Conclusion de la première journée : hum.

Oui, j’ai bien aimé la ville. Belgrade, j’en rêvais depuis longtemps (me demandez pas pourquoi, des fois je fais des fixettes sur des endroits que je veux absooooolument visiter. Belgrade en faisait partie). C’est aussi pour ça que je voulais rester 10 jours. Par contre j’ai un sentiment différent ici qu’à Zagreb par exemple, ou mieux, Ljubljana. Ce sont des capitales plus petites que Belgrade, à taille plus humaine. Même si Zagreb est grande, j’ai réussi à m’y faire rapidement, en une journée.

Belgrade je l’ai trouvée immense. Presque tentaculaire. La vue depuis la forteresse a renforcé cette impression. Finalement, heureusement que je reste longtemps, déjà pour tout voir, et aussi pour l’apprivoiser.

C’est pour ça que pour l’instant, Belgrade, c’est plutôt « hum ». J’attends d’en voir plus. J’attends de maîtriser les bus. De mieux me repérer dans les rues. De voir des monuments, des églises, la mosquée de plus près. J’ai besoin d’apprendre à la lire, un peu comme ce nouvel alphabet (paye ton jeu de mot). Mais je crois que je vais m’y sentir plutôt bien !

Fin de semaine caniculaire

Depuis vendredi, il ne fait plus chaud mais caniculaire. On dépasse les 36°C l’après-midi, et les nuits étaient déjà chaudes mais alors là c’est pire que tout. Je sais, la chaleur, c’est un mot-clé principal dans chaque carnet de voyage, désolée !

Donc cette fin de semaine, je me suis organisée différemment. Je me lève tôt (ceux qui me connaissent ne me croient probablement pas, et pourtant !). Je vais en ville tôt, jusqu’à midi environ, et ensuite je reprends le bus direction la maison. Elle n’est pas très fraîche mais je peux prendre une douche froide de quelques secondes toutes les demi heures si je veux pour espérer survivre.

L’après-midi doit être intenable à Belgrade ! Je le vois déjà le matin, tout le monde marche à l’ombre, les terrasses sont à l’ombre et des ventilateurs projettent de fines goutelettes pour rafraîchir les gens.

St Mark's Church, Belgrade, Serbie

Du street art

Samedi matin, j’ai décidé de partir à la chasse au street art. Je ne sais pas si on peut dire que c’est une de mes passions, mais en tout cas j’aime beaucoup les débusquer, les regarder, admirer les couleurs, le style, les traits. J’avais cherché sur internet, et apparemment, pour en trouver à Belgrade, c’est à Savamala qu’il faut aller. Donc à même pas 8h du matin, j’étais dans le bus direction les bords du fleuve. J’ai eu un peu de mal à trouver, mais c’est surtout qu’il y a peu de street art finalement. Ou alors j’ai mal cherché, mais je me rappelle, à Salamanque par exemple, il y avait tout un quartier rempli alors que là ça se limite à quelques rues. Mais c’était très bien quand même !

Street art, Savamala, Belgrade, Serbie

Street art, Savamala, Belgrade, Serbie

Street art, Savamala, Belgrade, Serbie

Street art, Savamala, Belgrade, Serbie

Le Nouveau Belgrade

Dimanche, j’ai décidé d’aller voir au-delà du pont, dans le « nouveau Belgrade » ce qui se passait. Comme d’hab, je suis partie tôt et je voyais dans le tram la température monter (sur l’écran est indiqué l’heure, la date, et la température : 7h30, 27°C. Dur.)

Bon je dois vous avouer que cette balade n’a pas été la meilleure du monde : déjà à 9h il faisait 30°C donc marcher en plein soleil c’est pas facile. Et puis en plus le parc n’était pas super beau, et la vue sur le Danube n’était pas aussi belle que depuis la forteresse de l’autre côté, en hauteur. Bon, tant pis, ça arrive, on ne peut pas tout aimer ! Je vous avoue que par cette chaleur je n’ai pas fait plus de quelques kilomètres. A 11h et sous 34°C, j’ai renoncé : je suis rentrée dans ma nouvelle chambre climatisée (voir ci-dessous)

Parc Prijateljstva, Belgrade, Serbie

Ma nouvelle pote : Jasmina

Vendredi soir, lorsque je suis allée récupérer ma bouteille d’eau dans le frigo de Jasmina, elle m’a proposé de prendre le dessert avec elle et sa fille : des crêpes ! Et samedi soir, elle est venue me chercher dans ma chambre pour carrément m’inviter à dîner avec elles. Comme la mamie croate de Brinjani, elle m’a fait comprendre par des signes que j’étais beaucoup trop mince et qu’il fallait manger LOL. Décidémment faut pas faire 1m50 et la corpulence d’une préado dans les Balkans, je crois que ça les choque 😀

Lost in translation

Jasmina parle autant anglais que moi je parle serbe, c’est-à-dire 4 mots (ouais je fais des efforts à chaque nouveau pays, mais là c’est

facile, les langues sont très proches). Du coup on communique par mots, gestes, et l’appli de traduction sur la tablette de sa fille pour les phrases plus compliquées. C’est un peu long, mais c’est comique, ça nous fait rire. Elle m’a dit que la propriétaire du airbnb (qui ne vit pas là) était ok pour que je change de chambre et que j’aille dans celle qui a de l’air conditionné. Vous imaginez mon soulagement ! Etant donné que la canicule va durer encore des jours, là, je vais pouvoir rentrer de mes explorations belgradoises et me mettre au frais. Et pouvoir travailler un peu plus confortablement, car jusque là, je n’expédiais que « les affaires courantes » sans avoir le courage de faire plus. En plus mon ordi chauffait tellement au bout de 5 minutes qu’il soufflait comme s’il allait décoller, ça me faisait un peu peur!

Bref, Jasmina je la kiffe mais pas seulement pour la chambre ni parce qu’elle cuisine bien : parce qu’elle est cool, même si on prend une demi heure à se dire une phrase !

« Tu vas t’arrêter un jour ? »

La question philosophique de la semaine, on dirait que chaque semaine j’en ai une nouvelle (cf mes précédents carnets). Cette fois c’est le propriétaire du bed and breakfast à Brinjani qui m’a demandé ça. Je lui ai dit que j’avais quitté mon emploi salarié il y a presque 2 ans, que j’étais blogueuse / freelance / débrouillarde et que je voyageais beaucoup. Et que ce roadtrip durerait jusque fin septembre. Il m’a alors demandé si je comptais voyager comme ça, non stop, toute ma vie ou si j’allais m’arrêter un jour.

Ah, bonne question. Même si j’ai toujours du mal à répondre aux trucs du genre « tu te vois où dans 10 ans », « comment tu vois ta carrière dans 5 ans » et tout ça (en vrai ça m’agace). Comment peut-on savoir ? N’importe quoi peut se passer demain ! On peut perdre son boulot, rencontrer l’amour, avoir un enfant, il peut se passer des trucs merveilleux, des drames… la vie quoi ! Alors me demander de planifier ma carrière pour les 5 ans à venir alors que je n’ai pas encore décidé ce que j’allais manger au petit déjeuner demain, c’est un peu compliqué pour moi. Certains y arrivent, tant mieux, mais moi je ne prédis pas l’avenir (et pour tout dire ça m’angoisse un peu).

Tout peut changer, même moi

A l’heure actuelle, je me vois voyager encore longtemps. Les voyageurs le savent, c’est comme une drogue. Je ne suis pas lassée, même si parfois je suis fatiguée (normal comme tout le monde), même si c’est parfois un challenge dans certains pays. Mais même ça, ça me plait : réussir à les surmonter (ou pas, je faile souvent), m’adapter, apprendre quelques mots d’une nouvelle langue, se repérer dans les magasins (c’est plus dur que ça en a l’air des fois !) etc… Donc si je dois répondre tout de suite, je dis « non, je ne compte pas m’arrêter un jour ».

Mais qui sait ? Il peut se passer n’importe quoi. Dans 6 mois j’en aurai peut être ras le popotin d’être freelance avec toutes les demandes merdiques (pardon) que je reçois (pour plus d’infos → twitter vie de blogueuse). J’aurai envie de plus de stabilité (freelance = tu sais comment tu commences le mois, tu ne sais pas comment tu le finis). J’en aurai marre de changer de pays tout le temps, je serai fatiguée, même si je suis adepte du (very) slow travel. J’aurai peut être un amoureux qui n’aura pas les mêmes envies. Ou un travail salarié qui me permettra de ne voyager que pendant les vacances et ça me conviendra. Ptêt même qu’il me sera arrivée une grosse galère ou un truc grave. On n’aime pas y penser mais ça peut arriver.

Il y a trop de paramètres à prendre en compte pour répondre définitivement à cette question. Mais au moment où j’écris, oui, je me vois probablement voyager encore longtemps, et je ne compte pas arrêter !

La Bohème et l’Hymne à l’Amour

L’instant musical. Vendredi, au supermarché pour prendre un petit coup d’air conditionné, je faisais la queue à la caisse quand j’ai entendu une musique qui passait. Dès l’intro je me suis dit « mais je connais ça ! ». Non, je ne suis pas devenue pro en musique serbe. C’était La Bohème d’Aznavour, mais chantée par un monsieur en serbe. C’était marrant, ça m’a fait sourire, et je me suis demandé si c’était la chanson qui était célèbre jusqu’ici au point d’en faire une reprise, ou si C. Aznavour lui même était célèbre en Serbie. Et samedi, encore au supermarché (ouais, j’y vais pour prendre le frais, me jugez pas), cette fois ci c’était l’Hymne à l’amour d’E. Piaf chanté par une dame en serbe. Décidément !


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