#Coulissesdublog: mes proches vis-à-vis de mon blog

En me baladant de blogs en blogs (la dure vie de blogueuse) je suis tombée sur « l’événement interblogueurs » créé par Mia deTrucs de blogueuses : chaque semaine, elle propose un nouveau sujet qui permet d’explorer les coulisses de nos blogs, et chacun peut écrire, s’il le souhaite. Pour lire les autres participations de cette semaine, c’est sur ce lien.

Je ne participerai pas à chaque fois, car il y a des sujets sur lesquels je n’ai pas forcément d’idées, mais aujourd’hui, je voulais réagir sur la question « mes proches vis-à-vis de mon blog (et par extension, du monde du blogging) »

Les débuts du blog

J’en ai déjà parlé dans cet article : si j’ai créé mes blogs (celui-ci et Visiter San Francisco), c’est avant tout pour partager des expériences. Je voulais parler de ma passion du voyage, de mes découvertes avec des gens que cela pourrait intéresser, car il faut l’avouer, dans ma famille on n’est pas des grands voyageurs (enfin pas du tout, même). Alors oui, je raconte à mes parents ce que je fais mais ce n’est pas pareil (je suis sûre que les voyageurs comprennent ce que je veux dire !).

Au fur et à mesure je me suis rendu compte que par mes récits je pouvais aussi aider des gens à préparer leur voyage (surtout avec le blog sur San Francisco en fait) et cela m’a donné des ailes : il ne s’agissait plus de parler de voyage mais de conseiller, donner mes bonnes adresses, mes astuces, pour s’organiser au mieux et « vivre le meilleur de San Francisco » comme j’aime à le dire (ça marche aussi pour ce blog plus général).

San Francisco, Californie

Quand je me lance dans un truc, j’y vais à fond

On peut ouvrir un blog sur un coup de tête, mais en ouvrir deux, ce n’est pas vraiment un accident, soyons honnête : j’y ai réfléchi avant ! Ouvrir un seul blog sur San Francisco avec une partie « autres voyages » ? Ou faire 2 blogs distincts? J’ai choisi la deuxième solution, peut-être un côté un peu maniaque, j’aime quand tout est bien rangé.

Quoi qu’il en soit, une fois la décision prise, même si je ne savais pas trop où cela allait me mener, je me suis lancée à fond dans le projet ! Je suis loin d’être la meilleure dans mon domaine, mais j’ai suivi une formation online pour apprendre les bases du blogging, et j’ai découvert un monde fantastique (lol, c’est vrai !) et surtout j’ai rencontré mes premiers copains et copines de blog, qui bloguent dans des domaines complètement différents, mais c’était enrichissant. J’ai écrit, échangé, rencontré, écrit encore, appris à (dé)coder le html, le css, me suis plongé plus en détails dans l’utilisation des réseaux sociaux…

Je ne vais pas vous mentir, il y a 2 ans et demi il était déjà de notoriété publique qu’on pouvait vivre de son blog et si je ne m’imaginais pas dégager des revenus à 6 chiffres au bout de 3 mois, je n’ai jamais été contre gagner quelques euros si je pouvais le faire en restant en accord avec mes valeurs et mes convictions (vendre mon âme au plus offrant non merci).

Mais c’était surtout, à la base, un moyen d’assouvir ma passion pour l’écriture, de raconter des histoires, de travailler mon style, de faire découvrir mon univers et de voir si cela pouvait me mener quelque part.

Alors j’ai ressorti tous mes anciens carnets de voyage et mon disque dur externe plein de milliers de photos, et j’ai commencé à écrire, à fond. Très mal au début, probablement, mais j’espère m’être améliorée depuis.

Taj Mahal, Agra, Inde

Et puis ça a pris de plus en plus d’importance

Je vous avoue, dès le début, j’ai été addict au blogging, mais au sens large : je découvrais tout, les autres blogueurs, les coulisses du blogging, le fait que c’était un travail énorme mais passionnant. Je me baladais (et c’est toujours le cas) avec un carnet et un stylo pour noter mes idées. Toute expérience devenait un potentiel sujet d’article. J’avais envie d’en parler à tout le monde, tout le temps, parler de l’écriture, du fait que ce n’était pas réservé qu’aux autres, que moi aussi je pouvais le faire.

J’avais déjà un entourage amical, bien sûr, mais il s’est enrichi de copains blogueurs, et, au fur et à mesure, entrepreneurs.

Entrepreneurs. C’était un autre monde, un monde auquel je n’appartenais pas, par choix : pas envie d’avoir des responsabilités, ma vie me plaisait comme ça. Je n’avais pas le job de rêve, au contraire, j’enchainais les CDD (par choix) pour économiser des sous et partir en voyage, et recommencer. Jusqu’au jour où j’ai eu la pire expérience de travail de toute ma vie. C’était au retour de mon PVT en Nouvelle Zélande suivi de voyages dans les îles du Pacifique, où j’avais appris (entre autres) que tout était possible (la révélation lol). J’ai enchaîné sur un autre emploi salarié mais j’ai, à cette période donc, ouvert ces blogs et j’ai compris que moi aussi je pouvais devenir « autoentrepreneur », faire un truc qui me plaisait, en vivre (à peu près) et … continuer à voyager. Les expériences suivantes, à San Francisco et en Ecosse, m’ont prouvé que c’était vrai.

Coucher de soleil sur la plage, sud de la France

Les blogs, en plus d’être une potentielle et substantielle source de « revenus » sont devenu des vitrines, comme une carte de visite : quand je postule pour des missions, j’y envoie les possibles futurs recruteurs pour qu’ils se rendent compte à quel point je suis géniale (quoi ?). Ils sont devenus indispensables, parce que c’est une plaisir d’y écrire mais aussi parce que ce sont quelque part des outils de travail.

Expliquer à ses proches ce qu’on fait

Pour être honnête, je ne sais pas si mon entourage le plus proche comprend vraiment ce que je fais. J’ai plusieurs casquettes (enfin, au moins 2). Je suis blogueuse, et par extension rédactrice pour ceux qui veulent bien m’embaucher. Je suis freelance. Je suis voyageuse. Je suis sur les réseaux sociaux. J’écris des guides. Je cherche de nouvelles idées. Et c’est pas facile de trouver un intitulé pour tout ça en même temps, c’est pour ça que quand on me demande ce que je fais, j’ai une seconde d’hésitation qui fait sourire mon interlocuteur.

Mes 4 meilleures amies suivent cela quand je leur raconte. Ce n’est pas du tout leur monde : dans le groupe il n’y en a qu’une qui a connu les joies du freelance (ahah, ironie). Les autres sont salariées ou profs, donc pas du tout la même vie, même si nous avons en commun la passion du voyage, entre autres choses. Je leur raconte mes petites victoires (nouveaux partenaires, nouveaux projets, nouvelles opportunités) mais je me demande si elles savent ce que cela représente comme travail au quotidien. Bien sûr elles ne sont pas idiotes et savent très bien que je ne me tourne pas les pouces toute la journée même si je visite de beaux endroits, et que le statut de freelance est instable donc en cas de petite crise d’angoisse elles sont toujours là (#coeur sur elles).

Pizza sur la plage, sud de la France

Ma soeur et belle-soeur savent que j’ai des blogs, savent que je parle de mes voyages, et savent à peu près comment je gagne ma vie, et grande nouvelle, pensent à se lancer en tant qu’auto-entrepreneuses (dans un domaine tooooootalement différent mais quand même, elles comprendront à peu près ce que je vis au quotidien !).

#Coulissesdublog: mes proches vis-à-vis de mon blog

Mes amies plus éloignées, les « connaissances », les copains des copains, pour être honnête, j’évite de donner trop de détails. Ceux qui vivent de leur blog ou de leur autoentreprise auront peut-être, ou à peu de choses près, eu les remarques suivantes : « Blogueuse voyage ? Ouais donc tu fous rien, t’es payée pour voyager » « Ca va t’as la belle vie, t’as pas à aller trimer en métro matin et soir », « T’as pas de patron sur le dos », « Tu peux bloguer / écrire à la plage sous les palmiers », « Tu voyages beaucoup, ça paye bien le blogging ».

Alors juste, vite-fait, pour la centaine de millier de fois :

  1. Je ne suis pas payée pour voyager, je paye pour voyager.
  2. Non, c’est vrai, mais si être freelance n’avait que des avantages, toi aussi tu le serais. Lance-toi, tu verras.
  3. Non, et pas de salaire fixe qui tombe tous les mois non plus. Par contre j’ai des charges, un loyer, et je mange aussi, parfois.
  4. Ouais grave avec le sable qui vient se coincer sous les touches (adieu, outil de travail), le soleil dans les yeux et euh… pas de wifi.
  5. Oui je voyage beaucoup mais je ne fais pas les soldes, j’ai les mêmes fringues depuis des années, une voiture qui a 12 ans et demi, pas de crédit immobilier. Et non, le blogging ça paye pas tout ça, c’est aussi toutes les activités autour. Et pour info les 35 heures je les fais en 3 jours et je travaille le week-end et les jours fériés sans que ce soit payé double. Je continue ou ça sonne un peu trop Causette ?

Bien sûr tout le monde n’est pas comme ça, la plupart, lorsqu’on en discute, sont plutôt bienveillantes et intéressées (j’essaie de fréquenter des gens ouverts d’esprit ahah!).

Mais j’ai quand-même l’impression qu’il y a un grand fantasme sur les blogueurs en général, et les blogueurs voyage en particulier. Du coup je ne crie pas sur tous les toits ce que je fais car cela débouche immanquablement sur des questions, des justifications, et je n’aime pas ça, même si souvent, ces questions sont juste de la curiosité et ne sont pas forcément des « reproches » déguisés.

Quant à mes parents… ah lala, gros dossier, mes parents. Ils ne sont pas voyageurs. Ils sont encore moins blogueurs (quand ma mère arrive à envoyer une pièce jointe en email elle débouche le champagne). Et l’autoentrepreunariat, je crois qu’ils n’ont toujours pas capté ce que c’était vraiment. Dans les grandes lignes, ouais, ils ont compris que ce n’était pas stable.

La stabilité, le maître mot de la famille. Quand j’étais petite, mon père nous disait de passer notre bac et de rentrer dans la fonction publique pour être tranquilles. Il avait grave de l’ambition pour nous ! Avec le recul et plein d’autres choses qui resteront privées (sorry) je peux comprendre ce point de vue mais là n’est pas la question. Mon mode de vie (et un peu celui de ma soeur, il faut le dire) le dépasse complètement, et ma mère aussi, un peu. Ils sont inquiets, comme tous les parents, je ne peux pas leur en vouloir.

Je me demande si mon père sait que j’ai des blogs, s’il sait ce que c’est, s’il sait ce que j’y fais, pourquoi, et ce que ça demande comme travail. Je me mets une pression de dingue pour gagner à peu près ma vie et lui montrer, ainsi qu’à ma mère que je ne fais pas non plus n’importe quoi, pas pour rien, que je travaille dur, pas pour récolter des « c’est bien ma fille je suis fière de toi » (c’est pas le genre de mon père, s’il le pense il ne le dira jamais. On parle pas beaucoup chez nous lol).

Mais plutôt pour qu’ils sachent que ça va, qu’il ne faut pas s’inquiéter, que j’ai choisi une voie / vie certes pas conventionnelle mais qui me plait et qui peut « marcher ». Je pense que c’est un peu normal, tous les enfants ont envie de prouver à leurs parents qu’ils s’en sortent bien, non ? Sauf que quand on a bien réussi ses études et qu’on a décroché un bon travail, c’est plus simple, dans le sens où « ça se voit ». Alors que moi les résultats sont fluctuants, et surtout… si un collègue de mon père lui demande « elle fait quoi Stéphanie ? » il va sûrement répondre « J’en sais rien. Pour l’instant elle est au Portugal ».

J’ai du mal à lui expliquer car cette autoentreprise est tellement importante pour moi que si un jour elle ne devait plus marcher du tout, ça me ferait bien chier mais surtout, ce serait un échec à lui avouer. J’ai du mal à lui expliquer le blogging, la rédaction web, parce que de toute façon j’ai l’impression de lui parler en chinois. Il va hausser les épaules en disant « D’accord » mais en pensant « Ouais, ok, si tu le dis ». C’est pas un reproche, je ne lui en veux pas, c’est juste comme ça. J’aimerais juste qu’il comprenne que je ne suis pas totalement dingue de me lancer là dedans, que c’est viable sur le long terme même si c’est loin de ses convictions, de tout ce en quoi il croit.

Bon, je ne peux pas trop lui en demander d’un coup : il a fini par accepter que le voyage (en particulier en solo en tant que femme) n’était pas dangereux et il arrête de lever les yeux au ciel lorsque j’annonce un prochain départ. Et ça croyez-moi, c’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup.

(Cette conclusion qui déchire!)