Expatriation : « Pourquoi es-tu partie ? »

Cet article participe au RDV #HistoiresExpatriées organisé par le blog L’occhio di Lucie. Chaque mois, un thème sera proposé afin que les expatriés parlent de leur pays d’adoption autour d’un thème commun. Ce mois-ci le sujet est une question : « pourquoi es-tu partie ? ». J’ai hâte de lire les histoires des autres blogueurs/euses car je suis sûre qu’il y a autant d’histoires que de participant.e.s à ce rendez-vous ! Voici ma réponse …

Expatriation : Pourquoi es-tu partie ? ** #Expatriation

Voyager ? Oui, mais pas que pendant les vacances

Lors de mon premier voyage, j’ai compris que je ferais ça toute ma vie. Pas forcément à plein temps, même si c’est le cas aujourd’hui, mais je savais que cela ferait partie intégrante de mon existence. Je ne peux pas expliquer pourquoi ici, ce n’est pas le sujet et surtout cela prendrait beaucoup trop de temps. Je devrais peut-être en faire une série d’article d’ailleurs !

Pour replacer le contexte rapidement, je n’avais jamais voyagé avant l’âge de 22 ans : mes parents sont plutôt casaniers (c’est pas grave, chacun est différent). Donc j’ai commencé par les voyages, et à un moment donné, j’ai voulu plus : je me suis sentie pousser des ailes, j’ai voulu partir loin et longtemps. Mais genre, vivre dans un autre pays, carrément. Le mot expatriation, je ne pensais pas qu’il s’appliquerai un jour à moi : vous m’auriez dit ça avant l’âge de 22 ans je ne l’aurais pas cru.

Première expatriation : la Nouvelle Zélande

Le premier pays étranger dans lequel j’ai vécu, ça a été la Nouvelle Zélande. Si je me replonge dans l’état d’esprit de l’époque, j’ai voulu aller là bas parce que c’était loin. Super raison, n’est-ce pas ? Et aussi parce que c’était un pays anglophone. J’avais fini ma licence d’anglais, j’adorais cette langue (c’est toujours le cas), je voulais la pratiquer, l’améliorer… C’était décidé, cap sur la Nouvelle Zélande pendant un an. Visa working holiday en poche, j’ai pris l’avion, passé 3 semaines en Inde en chemin, et j’ai débarqué dans le pays du long nuage blanc.

Sur les hauteurs de Queenstown, Nouvelle Zélande ** #Queenstown #NouvelleZelande

Et l’expérience de fou que cela a été … vous ne pouvez pas imaginer. C’était au-delà de l’expatriation. Evidemment, puisque chacun vit son expérience personnelle. On part tous avec un état d’esprit, un passé, des valeurs, une éducation, des envies, des raisons … différents. Pour moi, cela a été une révélation, à plusieurs égards.

Hobbiton, maison des hobbits, Nouvelle Zélande ** #NouvelleZelande #Hobbiton

J’ai appris à vivre seule au bout du monde

… et je ne suis même pas morte ! Ca parait idiot mais j’avais quelques doutes. Et c’était beaucoup plus simple que je ne le pensais. En même temps, j’avais choisi un pays accueillant, avec des gens adorables. J’ai réussi à m’en sortir seule, mais en cas de problème, je trouvais toujours de l’aide. J’ai un souvenir merveilleux de la Nouvelle-Zélande et des gens que j’y ai rencontrés.

J’ai découvert l’un des plus beaux pays du monde

Bon ce n’est pas objectif puisque je n’ai pas visité tous les pays du monde. Mais ceux qui ont visité la Nouvelle Zélande seront peut-être d’accord avec moi : elle se défend bien. Et rester si longtemps m’a permis de la visiter de long en large.

Vue depuis Qeenstown Hills, Nouvelle Zélande ** #Queenstown #NouvelleZelande

J’ai appris des tas de choses sur moi

Des choses basiques du style « oui je peux conduire de l’autre côté, je suis capable d’apprendre » et des choses plus profondes comme « je veux voyager toute ma vie ».
Je ne partais pas pour ça, mais cela a été une des conséquences.

Sauf qu’au retour, j’ai repris ma petite vie « normale » : emploi salarié, et même un CDI (MOI !!!).

« To make a long story short » : j’ai pas tenu. J’ai continué à voyager pendant mes vacances, j’ai passé des weekend dans des capitales européennes… mais cela ne me suffisait pas.

Le voyage, la découverte, l’apprentissage, c’est un truc qui me dévore. Mais c’était beaucoup plus que cela : la vie « rangée », en CDI, en toute « sécurité » et compagnie, cela m’angoissait. Pour de vrai : j’en ai eu des moments de panique, rien que d’y penser. Pas des crises hein, pas à ce point (quoi que, cela serait peut-être venu après).

Deuxième expatriation : San Francisco

J’ai tout plaqué pour aller vivre à San Francisco. Et c’est comme si je recommençais à respirer. En plus, tous ceux qui me connaissent savent à quel point San Francisco c’est ma ville de coeur, je l’aime d’amour, c’est la plus chouette des USA voire du monde. S’il y avait UNE ville où je voulais vivre aux USA, c’était celle-ci. Bien sûr je rêve d’en découvrir beaucoup d’autres, dont la Nouvelle Orléans (ahhhh celle-ci je lâcherai pas l’affaire tant que je n’y serai pas allée !).

Baker Beach, San Francisco ** #BakerBeach #SanFrancisco

Vue sur le Golden Gate Bridge et San Francisco depuis Marin Headlands ** #SanFrancisco #MarinHeadlands #GoldenGateBridge

Vue sur la baie depuis Castro, San Francisco ** #Castro #SanFrancisco

Je recommençais à respirer en perdant mes repères et en en construisant de nouveaux. En construisant une nouvelle vie, de nouvelles habitudes, en me débattant avec l’administration (méthode Coué : *j’adoooooore l’administration*).

Je suis revenue 3 semaines en France à la fin de mon visa, histoire d’être bien sûre que ce n’était pas fait pour moi. Effectivement, au bout de 2 jours, j’avais envie de chialer. Pas à cause de la France, à cause de la vie que je menais. Alors hop, sans plus tarder, j’ai refait mes valises, direction l’Ecosse. J’avais eu un entretien d’embauche, remporté haut la main, et je n’ai pas réfléchi, même quand le gars m’a dit « prenez le temps de réfl….. » « J’ARRIVE ! ».

Chateau d'Edimbourg, Ecosse ** #Edimbourg #Ecosse

Victoria Street, Edimbourg, Ecosse ** #Edimbourg #Ecosse

Troisième expatriation : Edimbourg

J’ai vraiment aimé l’Ecosse. Vraiment vraiment. Mais l’angoisse de la vie sédentaire m’a rattrapée et je suis repartie en voyage.

Et maintenant, Liverpool

Aujourd’hui, j’ai posé mes valises à Liverpool. Après des mois sur les routes, notamment dans les Balkans, j’ai décidé que je voulais un peu de stabilité. Oui, moi. Je vous rassure, cela ne durera pas. À un moment, je repartirai voir ailleurs si j’y suis, mais pas tout de suite. J’ai décroché un petit job, histoire de vivre un peu mieux (j’avais oublié que l’Europe occidentale avait un certain niveau de vie, aha). Et surtout histoire de financer la suite. Cela fait des années que je rêve d’un certain roadtrip, j’espère le réaliser cette année … on verra. On en reparlera !

Saint George's hall à Liverpool ** #Liverpool

Et pour ceux qui se demandent « pourquoi Liverpool ? », je vous dirai, comme à chaque fois qu’on me dit « pourquoi » : « pourquoi pas ! ».

Non sérieusement, je vais être honnête : ce n’est pas une ville où j’aurai spontanément posé mes bagages en Angleterre. Mais une amie à moi y vit, et nous avons décidé de partager un appartement. Avec le recul, je trouve ça bien d’avoir atterrit dans une ville où je n’aurai pas pensé vivre. C’est un peu un challenge que d’apprendre à vivre et à aimer une ville qui a priori ne me parlait pas plus que ça. Enfin le mot « challenge » est peut-être un peu fort, disons un pari. Et une bonne chose car cela me fait découvrir des choses que je n’aurai pas découvertes si j’avais suivi uniquement mes envies.

Kensington, quartier de Liverpool ** #Kensington #Liverpool

Vous m’avez suivie ou pas du tout ?

J’ai me suis un peu dispersée j’ai l’impression, sans vraiment répondre à la question : pourquoi suis-je partie. Et pourtant, je crois que c’est clair. Parce que je ne tiens pas en place. Parce que le métro-boulot-dodo n’est vraiment pas pour moi. Je suis plus heureuse et presque plus sereine en ne sachant pas de quoi le mois prochain sera fait plutôt qu’en imaginant ma vie bien stable pour les 20 prochaines années.

Je vais vous faire une confession : quand j’étais encore salariée (en 2015), j’avais dit à ma mère « Si encore j’aimais vraiment ce que je faisais, si cela me passionnait, j’aurai pu m’en accommoder et me contenter de voyager durant mes congés payés, comme tout le monde ». Je ne sais pas si j’étais tout à fait honnête à l’époque ou si j’essayais de me convaincre moi-même. Et une chose est sûre, c’est que ce n’est plus du tout mon avis aujourd’hui. J’ai écrit dans mon article rétrospective des voyages 2017 :

Quand je suis arrivée chez mes parents pour passer Noël en famille, j’ai dit à ma mère « Tu te rappelles quand je te disais que quand j’étais salariée en CDI avec un avenir à moyen-terme tout tracé je n’étais pas heureuse ? Bah là je suis dans l’instabilité totale, et je n’ai jamais été aussi contente de l’être. »

Cette fois c’est vrai. Je ne dis pas que j’aime tous les aspects de l’insécurité, mais tous les avantages de la vie que je mène contrebalancent amplement les désagréments.

Alors en vrac, pour l’expatriation c’est pour

– Le challenge
– Me sentir vivante

Et parce que :

– Je m’ennuie vite
– J’aime les nouvelles expériences. Découvrir un pays en voyage et y vivre, c’est différent, je veux expérimenter les deux
– Si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, j’aime quand même bien le vérifier par moi-même
– Pour l’instant, c’est le mode de vie qui me convient
– Le monde est grand, j’ai envie d’en voir beaucoup

Alors, quel sera le prochain pays ?

Pour aller plus loin : Lire tous les articles relatifs à l’expatriation


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