Expatriation : ma nouvelle routine

Cet article participe au RDV #HistoiresExpatriées organisé par le blog L’occhio di Lucie. Chaque mois, un thème sera proposé afin que les expatriés parlent de leur pays d’adoption autour d’un thème commun. Ce mois-ci le sujet est « ma nouvelle routine ». J’avoue m’être creusé un peu la tête pour trouver quelque chose d’intéressant à raconter, car je n’ai pas l’impression que ma routine ait changée à ce point-là !

Histoires Expatriées, le rendez-vous des blogueurs expatriés

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L’arrivée dans un nouveau pays : on repart à zéro

A chaque changement de pays, j’ai dû faire face à la même chose, comme tous les autres expatriés. La recherche de logement, l’ouverture d’un compte en banque, la paperasse pour avoir le droit de travailler… avec des différences, tout de même : à Liverpool, je n’ai pas eu besoin de chercher un logement car j’ai emménagé avec une copine qui habitait déjà là. Et aussi, entre temps, je suis devenue freelance, ce qui m’a épargné les recherches d’emploi, la demande d’un numéro de sécurité sociale, et compagnie.

Donc finalement, la routine à l’arrivée est toujours la même : c’est la routine administrative.

Ma routine à San Francisco : entre freelance et travail

San Francisco c’était l’époque de la transition entre un boulot salarié et le 100% freelance. Je ne vais pas vous mentir : même si le salariat me faisait de moins en moins rêver, j’ai adoré travailler dans une startup dans la « city by the bay ».

Ok, moquez-vous si vous voulez, mais tous les jours, j’avais l’impression d’être dans un film américain. Je partais à pieds, vu que mon boulot était à 15 minutes de chez moi. En chemin, j’avais (sans déconner) 8 Starbucks et autant de coffee shop d’autres chaînes. J’avais mon travel-mug avec mon café qui contenait 95% de crème sucrée. D’ailleurs depuis j’ai pas fait de prise de sang pour vérifier mes triglycérides, faudrait que j’y pense. Je me sentais trop intégrée, trop américaine (dans mes rêves) au milieu de tous les gens qui allaient travailler, café à la main, pas en costard, on est sur la Côte Ouest, relax.

Espace de coworking à #SanFrancisco

J’arrivais dans cet espace de coworking géant, partagé avec d’autres startup. On avait le temps de discuter à la pause café (oui je bois beaucoup de café). D’ailleurs, on avait une cuisine dans laquelle TOUT était gratuit, et croyez-moi il y avait beaucoup de choses. Hallucinant. Je n’avais pas l’habitude, on m’a pourtant répété plusieurs fois que je pouvais me servir, le jour où j’ai chopé une banane, je me suis sentie mal.

J’étais dans un cliché san franciscain et j’adorais ça. Mais les aléas du visa ont fait que j’ai dû rentrer ensuite (pour mieux repartir, je vous rassure).

La routine à Edimbourg : entre écriture et danse écossaise

Trois semaines après San Francisco, me voilà débarquée dans un appartement à Edimbourg partagé avec 6 autres filles que je ne connaissais pas. Ca aurait pu être le début d’une histoire d’horreur, mais en fait ça a été totalement, absolument, vraiment (trop d’adverbes) génialement génial. L’ambiance, et surtout la météo, ont été bien différentes de San Francisco mais à ce jour ça reste une expérience marquante dans le bon sens du terme.

Appartement à Edimbourg

Ma nouvelle vie ? Visites, expériences, écriture, rencontres, et danse écossaise tous les mardis soirs. Vous connaissez les ceilidh ? Ces soirées dansantes écossaises (qu’on rencontre aussi en Irlande et dans toute la diaspora celtique).

A Edimbourg, tous les mardis soirs, un groupe différent venait jouer en live et tout le monde dansait. Il y avait les habitués, qui venaient tout le temps et qui connaissaient toutes les danses par coeur. Et les autres, dont moi, qui regardions avec appréhension quand ils nous invitaient à danser. Sincèrement, je ne suis pas une danseuse (DU TOUT) mais le but n’est pas de se qualifier pour Danse avec les stars : c’est de s’amuser. Et ces danseurs.euses avaient à coeur d’apprendre aux profanes les rudiments de la danse écossaise. L’Ecosse a beau être un pays magnifique, dans lequel j’ai découvert des paysages à tomber par terre, mais les Ceilidh restent pour moi LE souvenir marquant de cette période.

Nouvelle vie à Liverpool

J’ai débarqué à Liverpool en mode « freelance », et rapidement j’ai décidé de reprendre un boulot salarié pour quelques mois. J’en avais parlé un peu ici. Ce n’est pas vraiment un choix, plutôt une nécessité, et j’ai décidé de voir ça comme une bonne, nouvelle expérience. Et une rentrée d’argent un peu plus intéressante que mon freelance tout seul : le prochain voyage n’en sera que plus rapidement financé !

Donc il a fallu repasser par les blablas administratifs habituels : banque, sécurité sociale, agence d’intérim, entretien d’embauche, remplissage de papiers divers et variés, et voilà : le 8 janvier, j’ai repris la routine bus-boulot-dodo.

Honnêtement ? Je ne vais pas m’étaler sur le fait que ce n’était pas voulu, que je ne suis pas du matin, que me lever après avoir eu la liberté de choisir mes horaires c’est chiant… MAIS j’ai rencontré de nouvelles personnes, et ça c’est génial. Je gagne des sous, et ça c’est utile. J’apprends de nouvelles choses, ça pourra servir. Je me rends compte de la chance que j’avais avant, et ça ne fait pas de mal. Et surtout ça relâche une certaine pression que j’avais, et ça non plus ça ne fait pas de mal.

Café-Bus-Boulot-Bus-Blog-Dodo

Mes journées ont donc désormais le même schéma : je me lève, je ne bouscule personne, je pars prendre le bus au bout de la rue. Avec des dizaines d’autres personnes. Ensuite je marche jusqu’au bureau. C’est pas loin, ça me fait prendre l’air. Et puis, finalement, je pensais que l’hiver serait affreux dans le nord de l’Angleterre mais en fait ça va. Il fait gris mais pas glacial donc ça pourrait être largement pire.

Je suis au 8ème étage d’un grand immeuble. J’ai la vue sur un bâtiment moche à gauche (donc je ne le regarde pas) et sur l’eau, l’embouchure de la rivière Mersey. Un peu plus loin c’est la mer d’Irlande, mais on ne la voit pas de là où je suis… en plus souvent il fait tellement gris que le ciel et l’eau se confondent totalement, on ne voit plus la rivière. Alors la mer… Mais j’aime bien cette vue, elle est reposante. Quand il fait beau c’est joli. On voit des mouettes qui parfois zigzaguent entre les buildings ou se laissent planer quand il y a du vent.

Le soir, je refais le chemin en sens inverse, sauf si je sors avec les collègues en centre-ville.

Le business quarter de Liverpool

Je ne vais pas mentir, il n’a rien à voir avec San Francisco ! Je trouve rigolo ce mélange d’immeubles modernes et anciens. Pourquoi et comment ils se sont retrouvés les uns à côté des autres ? Aucune idée, mais j’aime bien inventer des histoires dans ma tête quand j’y marche le matin.

Quartier financier de #Liverpool

Le quartier financier de Liverpool

Ceci dit, je n’ai pas le même sentiment que celui que j’avais à San Francisco. Je m’y sentais bien, intégrée même si le mot parait un peu fort. Non pas que je ne me sente pas « bien » ou « pas intégrée » à Liverpool. En fait je crois que je me suis tellement convaincue que ma vie ici serait temporaire que je suis presque détachée. J’allais dire « indifférente », mais ce n’est quand même pas à ce point. Détachée, oui. Je vais travailler, le weekend je sors, je visite, j’écris, je photographie, et voilà. Il y a une date de péremption à tout ça, même si je ne la connais pas.

Autant à San Francisco j’aurai voulu que cela ne s’arrête jamais, autant ici ça pourrait s’arrêter demain, je me dirai « ok, pas de souci, what next ? ». Je vous rassure, je ne déteste pas Liverpool ni ma vie en ce moment. Je ne suis pas du genre à rester à un endroit où je suis mal. Mais il a été clair, après quelques semaines passées dans cette ville, que je n’y ferai pas ma vie. Je l’aime bien, mais je n’ai pas THE méga coup de coeur comme j’ai pu l’avoir à San Francisco ou Edimbourg (où je ne suis pas restée d’ailleurs, pour des raisons différentes – Elle est compliquée celle-là)

Quartier financier de #SanFrancisco

Le quartier financier de San Francisco

Toujours blogueuse !

Je n’ai pas lâché mon freelance pour autant, ni les blogs (celui-ci et Visiter San Francisco) : ça me tient trop à coeur ! Donc le soir, au lieu de m’affaler sur le canapé… certes, ok, je m’affale, mais avec l’ordi sur les genoux, et mon « autre journée » commence. Celle que j’aime bien, ma bulle, les copains et les copines voyageurs.euses sur Twitter et Instagram. Leurs articles à lire, les miens à écrire. Les commandes en freelance qui continuent d’arriver, un peu plus au ralenti maintenant que je postule moins, mais quand même, il faut les honorer. Les médias alternatifs que j’aime consulter, les livres que j’aime lire avant de dormir.

Bref, je suis bien occupée, mais ça tombe bien : je déteste ne rien faire.

Le mot de la fin

Je n’ai pas été expatriée dans des pays totalement différents de la France : je n’ai pas vécu en Inde ou dans un pays africain à mille lieux de mes repères. Du coup, ces récits actuels et passés peuvent ne pas vous paraître très exotiques ou excitants… désolée ! Mais je vous assure que sur place, ils le sont plus qu’on ne le croit. On a beau être dans des pays occidentaux, il y a toujours cette barrière culturelle, ces moments de solitude où on se dit « Euh… WTF? » (et où on en rigole après).

J’ai l’impression d’avoir beaucoup parlé d’administration, mais c’est normal. Je pense que tous les expats passent par là. Je me demande comment les autres blogueurs.euses qui participent à ce rendez-vous vont aborder ce sujet, si même ils/elles le feront. Et ce n’est pas ce qu’il faut retenir de toutes ces expériences, car c’est accessoire. Ce que je retiens, ce sont des situations, des images, des sons, des moments. Parfois forts, parfois anecdotiques, parfois clichés, et qui font qui je suis et comment je réagis aujourd’hui. La conclusion est plus philosophique que je ne l’aurai voulue, désolée !

Pour aller plus loin : retrouvez tous les articles sur l’expatriation.


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